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Nouvelle MàJ: 18/10/17
Date d'ouverture : 27/03/2013
3eme saison : Take the power back 28/04/2017
Temps de jeu : Eté 2018
Intrigue VII : New Order Has Been Hacked
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Lost in The Echo

Version : Are you Ready for the Storm ?

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Take a chance on me [PV]

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MessageSujet: Take a chance on me [PV] Mar 2 Mai - 2:34

Estedan
17h00… Seigneur ! L’oisiveté de si bonne heure ne lui allait pas. Chaque coup d’œil lancé impulsivement vers les petits chiffres verts au-dessus de la cuisinière lui infligeait la brûlure d'une amère impatience. C’était ça le problème, avec l’absence. Le besoin – ou l’illusion, pas moins impérieuse - de devoir combler le vide avec quelque chose sans nécessairement savoir quoi, et cela pouvait vous conduire à embrasser la première occupation venue…telle la popote ! Brandan n’en était ni fier ni honteux, c’est-à-dire qu’il avait très jeune appris le nécessaire pour se débrouiller sans l’aide de personne, voyez-vous. Être exigeant n’allait pas toujours de pair avec empoté ou capricieux, contrairement au jugement que je vous vois formuler d’ici. S’il en était d’un truc qui l’avait toujours exaspéré toutefois, parce que la vie s’était acharnée à le lui faire subir un nombre incalculable de fois, c’était bien de manger seul. Réminiscences d’une enfance à ne manquer de rien, sauf de la compagnie des parents lors des repas. En moyenne, on parle d'une enfance relativement heureuse. Ce n’était pas la mer à boire et loin de la famine en Afrique, mais les problèmes sont toujours de proportions subjectives au cœur de celui qui les subit.  

Récap' sur les derniers mois : une catastrophe. Pure et dure, presque l'échec et mat. Les Klein s'étaient vus détrônés, réduits à rien, tenus à l'écart des projets de grandeur, renvoyés à la poussière. Brandan, pour survivre, s'en était dissocié. Un choix ? Pas vraiment. L'instinct de survie. « Mea culpa, camarades ! » Il s'en était fallu de peu pour qu'il ne se retrouve pas mendiant d'une nouvelle appartenance, et jusqu'ici il avait bien rendu cette faveur à la résistance en leur étant utile. Brandan était plus sympathique lorsqu'il créait. Et Brandan ne supportait pas la solitude, qui s'était invitée jusqu'à la moelle de son existence. Une famille dont l'influence et la fortune avaient été décimées comme la peste qui s'infiltre en ville. Un meilleur ami disparu, effacé comme une donnée sur un disque qu'on a mal éjecté. Pas de retour en arrière possible, juste l'envie d'assourdir le ciel d'un désarroi dont jusqu'à la saveur perturbe. On supportait sa présence, mais ce n'était pas chez les résistants qu'il aurait passé un vendredi soir. Il n'était pas leur ami, juste le mec qui savait tourner un spot publicitaire - et un bon - les yeux fermés (avant ça, que des amateurs).

La porte d'entrée s'ouvrait, dans un déclic déjà devenu familier. Dieu merci, enfin ! Brandan jetait un coup d'oeil par-dessus son épaule. « Comment se porte le monde, babe ? » Sans doute toujours aussi mal. Tiens donc. C'était aussi ça, Brandan. Se plaindre, pester contre le fait de dépendre de quelqu'un, mais être aussi insupportable qu'un chiot qui s'est ennuyé toute la journée, réclamant son dû en attention. Esteban était son ami. Le seul. Celui qui lui avait ouvert les portes d'une deuxième chance auprès de la résistance, et accessoirement celui qui lui avait proposé de l'héberger...Le temps que les emmerdes issues de ce retournement de veste ne passent. Brandan avait presque du mal à saisir le sens du mot ruiné, mais il en vivait bien les conséquences, après avoir perdu le droit d'accès, à titre de résistant, au quartier huppé où était son loft et des mois forcés à vivre dans une chambre d'hôtel plus ou moins miteuse. Merde, un paria... Lui ?! Au moins, il fallait le faire avec chic. « Saumon, ce soir. T'aimes le poisson, pas vrai ? » À en croire le sourire charismatique qui s'affichait sur son visage à l'entrée d'Esteban dans la cuisine, c'était presque comme si toutes ces choses ne l'affectaient guère plus qu'une légère averse.

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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Ven 5 Mai - 21:09


  • La City fait rêver plus d’un, ses hauts buildings tout de verres et d’acier, son personnel toujours tiré à quatre épingles, ses visages respirant le succès et le prestige du nouvel ordre, ses relations toutes faites, toutes programmées au moindre millimètre, ses restaurants et hôtels huppés ou le luxe se sent à des kilomètres, ses firmes et autres banques, instrument majeur du développement d’une politique corrompue et ingrate envers l’humanité en tant que tel. Esteban était là, parmi eux, membre de la City à part entière, travaillant pour le bien-être et le déploiement financier de tordus entrepreneurs et autres politiques sans scrupules. Il était là, caché derrière des vitres ou la révolte est visible au loin, cette même révolte qu’il a fini par rejoindre  concrètement, après tant d'années d'hésitations et de doutes, parsemés de peur. Ne plus se cacher derrière ses belles chemises et ses cravates bien mises, ne plus se dérober entre les murs de son appartement et se contenter de diffuser clandestinement de la musique. Cesser de n’être que ce pantin que le système voudrait qu’il soit. Aspirer à être lui-même, à faire valoir et entendre ses véritables idéaux. Du courage ? Il ne s’agissait pas seulement de cela, il n y avait pas que lui qui risquait sa peau. Pour cette raison qu'il tenait à demeurer un être de la City. Il tenait à perdurer dans ce paysage, afin de protéger sa passion, sa radio pirate, ses camarades, sa famille, sa vie...

    Il soupire, alors qu'un coup d’œil vers sa fenêtre l'aveugle lui projette une lumière qui l’éblouit, le rendant momentanément aveugle. De ces yeux qui faisaient semblant de ne pas voir une réalité cruelle, à chaque fois qu'il entrait ici. De ces iris qui ne pouvaient capter l’intensité de ce drame. De cette désolation qui courant dans les rues de Londres, comme libérée de chaines l’ayant retenu depuis trop longtemps. Un sifflement lointain dans l’oreille gauche, et de ces cris qu’il aurait voulu imaginaire. Sa vision lui revint, en quelques secondes, en même temps qu’un semblant d’équilibre. Les flashs dans ses yeux se dissipèrent. Et Esteban put voir. Voir ce sang qu’il avait côtoyé il y a quelques années, lors d'un attentat aux États-Unis. Ces corps mutilés, jonchant le sol. De trop. De trop. Le frisson partit de ses reins, remontant vicieusement sa peau.Tu la côtoies un peu plus tous les jours. La mort. Et tu deviendras comme eux. Cadavre.
    Les pas prés de son bureau le font revenir à l'heure présente. L'heure de quitter la City et de rentrer chez lui. Un voile de tristesse passa certainement sur ses yeux miel, à chaque checkpoint rencontré. Murmures et chuchotements l'habitent tout au long du trajet, pour dire ou pour exprimer ce qu'il sent au bord du gouffre insondable qui l'angoisse, y compris lorsqu'il croit penser la mort, entre l'impensé de son existence et l'impensable de l'éternité. Sinistre Esteban, beaucoup diraient cela s'ils venaient à découvrir ce qui se joue dans sa tête. Sauf que, il n'est pas encore arriver à un point de non retour, comme le supposait Foucault, Esteban n'a pas encore atteint " cette région où rôde la mort, où la pensée s'éteint, où la promesse de l'origine indéfiniment recule." Et s'il ne l'avait pas encore atteint, c'est en grande partie grâce à cette voix qui l'accueillait alors qu'il rentrait chez lui. C'est surprenant, c'est inattendu, mais Brandan avait pris de l'importance dans son existence. Il était devenu important. Le seul être qui faisait barrage à une solitude extrême et maladive qui ne faisait que tenter Esteban.

    Son nouveau et temporaire colocataire lui est insupportable à bien des égards. Et étrangement, il était devenu tout aussi vital. Esteban s'est accroché à lui lorsqu'il n'avait plus personne. Lorsque tout le monde l'avait lâchement abandonné. Summer, Abel, Juliet, même son cousin dont il n'était pas vraiment proche lui avait affreusement manqué. Seul, dans un monde ou le gris était devenu la couleur de la vie. Il ne répondit pas à sa première question, de peur de trop en dire sur son état. Il préféra sourire à la seconde proposition. La douleur laissa sa place à une motivation. La tristesse laissa sa place à un sourire. L’horreur laissa sa place au courage. Le monde laissa sa place à Esteban. Où il s’installa. Où il n’avait plus peur. Où les battements de son cœur s’accélérèrent. Où l’envie de vomir ne le prenait plus le ventre à chaque injustice rencontrée.

    « J’adore le poisson!  » S'exclamait-il sur un sourire, se rapprochant de là ou était Brandan. Dénouant sa cravate et laissant sa veste dans le salon. Il poursuivit, tout en se dirigeant vers la salle de bains. « Qu'as tu fait de ta journée ? Tu ne t'es pas trop ennuyé, j’espère...» Peut-être une question qui dérangerait le jeune homme, ou peut-être pas. La vérité est qu'Esteban ignorait s'il y avait des limites, quelles étaient les limites de leurs conversations, dans cette amitié, qui ne ressemblait à aucune autre.

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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Ven 12 Mai - 2:23

C'était une première. Soyons honnêtes, Brandan aimait les choses quand elles étaient compliquées et flamboyantes. Il aimait les tragédies qui vous prenaient la tête et tiraient des larmes, les péripéties sans fin, les retournements dramatiques. Il était capable de contredire un interlocuteur rien que pour savoir jusqu'où ce dernier pouvait en prendre. De séduire une femme, rien que pour observer ses mécanismes de séduction s'activer sous ses yeux. En somme, il était homme de cinéma jusqu'au bout des ongles. Organiser la réalité était une deuxième nature et jouer un rôle, un talent brut. La plupart du temps, il s'accordait sans mal à ses interlocuteurs pour plaire...Ou déplaire. La distinction pouvait être difficile à faire et se créaient quelques fois pour cela des ambigüités, mais ce n'était pas toujours l'amour des autres qu'il recherchait. Être admiré ou adulé, voire même seulement remarqué, était parfois un raccourci tout aussi satisfaisant, à court terme. Pour toutes ces raisons, son attitude n'avait rien d'habituel. Jouer les hommes de maison, accueillir son hôte avec un petit plat et converser avec banalité de la journée écoulée...Franchement, cela l'amusait. Il notait bien sûr l'évitement de sa propre question par Esteban. Brandan n'était pas aussi nonchalant qu'il le laissait souvent paraitre et encore moins stupide. Il avait un talent pour les détails, sur lesquels il tablait pour construire ses propres humeurs.

« Je rêve, ou tu insinues que je n'ai rien fait de la journée ? Il fallait bien faire des courses, pour préparer à diner. » Lançait-il à travers la cuisine sur le ton de la moquerie. Quelques secondes de silence, durant lesquelles il ne pouvait s'empêcher de se demander si Esteban avait souri, dans la salle de bain où il s'était engouffré. Comme souvent depuis ces quelques temps où ils partageaient plus de temps ensemble, il se produisait un effet tout aussi inhabituel que cette situation dans laquelle Brandan était pourtant protagoniste. En la compagnie d'Esteban, il avait ses mêmes vieux réflexes que toujours. Mais quelque chose dans l'authenticité et le calme dont faisait preuve son ami finissait toujours par faire s'éclipser la représentation au profit de la vérité. C'était quelque chose qui l'emmerdait, Brandan. Il pouvait accepter que les autres, en particulier ces rares personnes dont il se souciait vraiment, lui parlent de la banalité de leur journée. Ou alors, de leurs tracas. Mais lui, il détestait mettre en lumière tout l'aspect banal et quotidien de sa vie. Brandan préférait être un personnage, dont on ne saisissait jamais complètement le fond. Le mystère était beaucoup plus attrayant que la vérité, non ?

Pourtant, quand Esteban revenait enfin à la cuisine, Brandan l'observait avec avidité. Quelle était son humeur ? Avait-il passé une si mauvaise journée qu'il lui faudrait redoubler d'efforts pour l'égayer un peu ? Esteban ne paraissait pas si mal. Mais Brandan devait aussi se buter au fait qu'il ne savait pas trop comment gérer cela, le quotidien. Il se levait tous les jours dans cet appartement et s'endormait tous les soirs dans ce salon, où un divan-lit était devenu sa chambre. En somme, il était toujours dans les affaires d'Esteban. Toujours là, pour lui rappeler qu'il l'envahissait un peu plus, sans savoir se faire tout petit. C'était une toute autre histoire, de ne pas avoir d'arrière-scène où se camoufler, entre les actes importants. « J'ai fait un saut à Deptford. » Il savait qu'Esteban aimait bien l'entendre en parler. Son implication au sein de la résistance était en somme positive, mais il n'aimait pas particulièrement se montrer au QG de la résistance. C'était comme laisser entre un loup dans la bergerie. Brandan n'y était pas vraiment le bienvenue, même si l'on prenait volontiers ses idées et son travail pour le compte du mouvement. Bien entendu, cela pourrait aider s'il se la jouait avec moins d'éclat, mais Brandan ne pouvait être quelqu'un d'autre que Brandan. « Accessoirement, je suis resté coincé pas loin d'une heure à un checkpoint en rentrant. » disait-il en un soupir, en s'approchant d'une armoire pour en saisir deux assiettes. Ce genre de choses était devenu monnaie courante. Pour Brandan, c'était encore difficile à avaler ; les privilèges qui s'étaient envolés en même temps que la facilité.

Lorsqu'il se retournait pour faire face à Esteban, et qu'il portait les assiettes remplies sur la table de la cuisine, c'était à nouveau un sourire irréprochable qu'il affichait. Pour éviter de trop en laisser paraitre, ou alors pour ne pas plomber la bonne humeur qui semblait émaner d'Esteban et qui n'était pas chose de tous les jours...Un peu des deux, sans doute. « Et toi, les chiffres n'ont pas été trop rudes avec toi ? » Il prenait place à table, rapidement rejoint par Esteban. Son regard s'attardait sur lui, sans toucher au contenu de son assiette. C'était là quelque chose d'exceptionnel. Que deux êtres, aussi différents qu'ils pouvaient l'être l'un de l'autre, arrivaient tout de même à se comprendre parfaitement sur un point essentiel. Esteban était roi du jeu de rôle, à jouer lui-même ce qu'il n'était pas, jour après jour. De là provenait peut-être cette propension naturelle qu'ils avaient à pardonner les défauts de l'autre. « Tu dois bien avoir un jour de congé bientôt, à bosser comme ça tous les jours...On devrait faire quelque chose, sortir. » Car pour dire vrai, Brandan s'ennuyait ferme la plupart du temps. Il n'était pas bien difficile de décoder chez lui cette soif, ce manque de stimulants même s'il souriait à en tromper la plupart. Ce « on » en était la preuve. « Tu aimes ? » Demandait-il, après une bouchée.


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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Dim 21 Mai - 23:01

  • Beaucoup seraient surpris de découvrir ce que cachait l’esprit d’Esteban. Ce que préservaient ses rêves. Ce que ballonnait ses pensées et ses non-dits. Ce que ses instants de rêveries dévoilaient sur sa personne profonde. Mais il ne faut pas s’inquiéter. Esteban va bien, malgré tout. Du moins, il n’est pas encore devenu complètement fou, car avec tout ce qui se passe, il aurait très bien pu tomber dans une histoire totalement bizarroïde. Mais il tient assez bien le coup jusqu’ici, en apparence. Ce qu’il maintient, c’est peut être cette rêverie. Cette alliance de la vigilance et de l’autonomie face au réel définit, hors d’une falsification marquée, la libre disposition des images du monde et du moi qui deviennent alors matière à un langage intermédiaire : la référence claire au réel est brouillée, sans qu’il y ait eu cependant un au-delà onirique des images. Par cet état intermédiaire, justement, sa rêverie lui permet une dynamique de l’imagination qui devient puissance formante des apparences, toujours identifiables. La rêverie est constitutive pour Esteban du projet poétique dans la mesure où elle place toute chose et le sujet sous le signe de l’expérience de l’instant ; il faut y voir une manière de présent étale qui permet d’assembler, dans une expérience de la simultanéité, perceptions et affects, même lorsqu’ils relèvent de temps et de lieux différents ou éloignés. La rêverie fait ainsi de la création, qu’elle soit musicale, littéraire ou seulement professionnel dans le cadre d’un métier, une expérience immédiate de l’unité du moi et du syncrétisme du moi et du monde, sans que l’identité du sujet soit effacé

    Dans sa rêverie, un monde se forme, celui du rêveur qu’il est au fond de lui-même surtout par des temps qui ne présagent rien de bon pour l’humanité, un monde qui devient le sien propre, pour une fois. Et ce monde rêvé lui enseigne des possibilités d’agrandissement de son être dans cet univers qui peut se permettre enfin d’être vraiment le sien. Car, finalement, dans un monde qui naît de lui, l’homme peut tout devenir. Et il peut, par conséquent, se multiplier : dans les rêveries les plus solitaires nous sentons que la vie entière se double – que le passé se double, que tous les êtres se doublent en leur idéalisation, que le monde incorpore toutes les beautés de nos chimères. C’est cette devise alors qui vient le dominer : je suis seul, donc nous sommes quatre. Le rêveur solitaire fait face à des situations quadrupolaire. Esteban est à la fois celui que le nouvel ordre voudrait qu’il soit, celui qu’il veut être, celui qu’il est profondément, et celui qu’il ne pourra jamais être. A ce métier auquel il s’accroche, à sa radio pirate qu’il entretient de plus en plus, il tente tant bien que mal de garder le fil, de s’implanter encore et toujours dans le jeu des apparences. Faire semblant, c’est devenu son quotidien. Encore plus depuis le rejet qu’il avait connu face à une personne qu’il avait cru faite pour lui…

    Esteban, par instants perdus, aimerait partager toutes ces choses avec Brandan. Seulement, Brandan n’est pas un ami qu’il arrive à définir. C’est un ami troublant, pour lequel il garde toujours une certaine méfiance. La vie lui a appris qu’il ne devait pas baisser sa garde. Pourtant, il voudrait tant le faire. Voyez-vous, ce qu’Esteban ressent vis-à-vis de Brandan est si mystique, que lui-même n’arrive pas à porter des mots dessus. De ce sourire qu’il affiche secrètement à l’écoute de sa réponse. Caché dans cette salle de bains ou il prenait le temps de se débarbouiller tranquillement. De retour vers la cuisine, il reste silencieux, comme souvent ces derniers temps. Il se sert un verre d’eau et écoute Brandan avec attention, jetant un coup d’œil vers lui et prononçant quelques mots. « ça se passe bien pour toi avec les autres ? » Demandait-il doucement. Afin de ne soupirer à l’écoute des checkpoints. Il se sentait, coupable, d’être privilégié lors de ses passages. Parce qu’il était l’un de ces précieux employés à la City. « Je sais, j’en ai vu certains qui ont été refoulés aujourd’hui…C’est un enfer quotidien. » Pour eux. Pour Brandan. Sur ces paroles, il finit son verre d’eau d’une traite et prend place à table. Ça lui faisait toujours un peu étrange, ces situations domestiques, si bien synchronisés, à croire qu’ils ont toujours fait ça ensemble. Pourtant, la vérité est tellement différente.

    « Les chiffres ne sont jamais rudes. C’est les vautours autour qui le sont… » Son regard s’attarde un instant sur celui de Brandan, pour finalement se poser sur son assiette. Entamant ce plat soigneusement préparé par son colocataire, appelons le ainsi. Il dégustait calmement sa première bouchée, ses yeux cherchant à nouveau ceux du jeune homme en face. Il ne disait rien face à sa suggestion. Allez savoir ce qui se tramait encore une fois dans son esprit. Quel degré prenait-il en analysant les paroles du jeune homme…Esteban débuta avec le plus simple. « C’est très bon, merci » Une autre bouchée, puis il enchaina. « Je n’ai pas de congé, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas sortir. Y’a quelque chose qui te ferait plaisir ? » Car au fond, il sentait que Brandan s’ennuyait, mais qu’il ne le disait tout simplement pas. Il était ici question de « nourrir » Brandan, Esteban doutait que la moindre sortie pourrit l’enrichir, mais il voulait lui faire plaisir tout de même. « Tu peux proposer ce que tu veux, tu sais. Je ne dirai pas non vu que tu m’es très utile en ménagère si douée… » Ajoutait-il sur un sourire moqueur et taquin.

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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Lun 29 Mai - 0:40

De quel mal était atteint Brandan ? Parce qu’il y en avait bel et bien un, tapis dans quelque coin obscur de son esprit, pour forger ses racines en son cœur. Ses sourires charismatiques, ses paroles irrévérencieuses. Tout cela appartenait à une habile construction. Habile, mais de plus en plus fragilisée. Ce mal était l’obligation de vivre le moment présent. De par sa nature même, l’Américain avait toujours contesté la domination du présent, au profit de tout le reste. Un monde imaginaire, qui constituait le fond de ses films. De l’ambition, qui le portait à toujours envisager l’avenir avec entrain. Un sens de l’observation aigu, qui lui conférait un souci du passé. Même le milieu dans lequel il avait évolué, d’abord le milieu d’affaires dans lequel sa famille avait excellé jusqu’au coup d’état, puis le milieu artistique l’ayant presque accueilli en messie…! Brandan n’avait jamais joué franc jeu. Ou plutôt, il avait toujours été fidèle à lui-même dans ce besoin intransigeant de s’évader de la réalité, en tout temps et à n’importe quel prix. Un fin analyste extérieur aurait pu miser sur un dégoût de soi… Et je vous répondrais que les choses étaient plus complexes que cela. Brandan n’était pas aussi simplement que cela quelqu’un qui cherchait à s’évader de lui-même. Il ne portait aucun regret quant à ce qu’il avait fait ni face à ce qu’il avait été. Mais lorsqu’il lui arrivait de penser à Stefan, par exemple, de revoir son visage dans sa tête… Ses entrailles se tordaient dans une telle douleur qu’il préférait balayer le tout d’un revers de la main. Brandan était en permanent en conflit avec le monde extérieur. Il refusait le monde extérieur qui s’avérait être devenu trop injuste, trop cruel. Plutôt que d’être révolté, il était déconnecté. Sa bonne humeur trahissait un inconfort. Son engagement nouveau auprès de la résistance, un cul-de-sac. Certaines décisions s’étaient imposées d’elles-mêmes, par nécessité.

Esteban lui avait offert, peut-être sans le réaliser pleinement, un bouclier contre l’effondrement. À ses côtés, il avait encore…un public. Ça aurait été réducteur de ne le considérer que pour cela, et c’était beaucoup plus que cela. Ironiquement, la rencontre des deux hommes remontait justement à une époque où, Brandan jouant les beaux-parleurs, Esteban s’était permis de le reprendre. De lui signifier les contradictions évidentes de son discours. C’était peut-être l’affection nouvelle entre eux qui avait changé la nature de l’écoute d’Esteban. Brandan n’était pas dupe, Esteban avait encore parfois ce sourire teinté d’exaspération vis-à-vis de son attitude. À la différence que ce n’était plus de la contrariété, mais de l’amusement. L’ancien cinéaste avait à vrai dire plus que jamais besoin qu’on l’autorise à être ce caméléon qu’il s’était si bien affairé à devenir. Il avait besoin d’étinceler. Quelques fois, Esteban lui donnait cette sensation dont il avait tant besoin d’être encore admiré. C’était surtout une main tendue, son amitié offerte. Mais pour Brandan, le fait d’être apprécié par un être en particulier conférait à cette même personne toute l’importance du monde. C’était pourquoi il ne mentait pas vraiment, quand il répondait : « Oh, tu sais…Ils ne savent pas ce qu’ils ratent… » À la suite d’un soupir, cette fois bien assumé. Brandan ne s’entendaient pas très bien avec les membres actifs de la résistance pacifique. Les rapports se limitaient à la politesse que le travail d’équipe demandait. Pendant un instant, Brandan regardait fixement Esteban. Il aurait presque eu envie d’en parler, de ce souci qu’il avait à s’intégrer. Cette résistance, pourrait-on même dire, car il fallait bien admettre qu’il prenait trop plaisir à embêter Coalman ou à chercher les noises à Carragher pour se placer en meilleure posture auprès d’eux et des autres.

Comme souvent toutefois, il n’avait pas envie de ternir la légèreté du moment. Esteban était de bonne humeur et cela lui plaisait. Il regrettait déjà d’avoir fait mention aux checkpoints, car il avait détesté cette ombre montée immédiatement couvrir la lueur dans les yeux de son hôte. Pouvait-on vivre dans un monde uniquement constitué des choses qui faisaient plaisir ? Certainement pas. Mais ce n’était pas une raison pour se priver d’essayer. Depuis qu’il vivait avec lui, et bien que cette situation ne soit que temporaire, Brandan se faisait un devoir de préserver une atmosphère agréable au sein de l’appartement. À cela ajoutons qu’il jouait effectivement les ménagères. Vous ne l’auriez jamais vu faire cela auparavant, même s’il s’était toujours très bien occupé de son loft. Tout ce soin mis dans la préparation des repas, c’était pour Esteban. Il désirait véritablement lui faire plaisir.

Brandan riait à son tour, juste avant de ne laisser un instant de silence s’éterniser un peu. Le temps également de goûter au contenu de son assiette. Il savait bien que l’homme en face de lui n’était pas friand des sorties du genre de celles qu’il pouvait avoir en tête. Il l’aurait tout de même étreint, juste pour avoir dit oui sans opposer de réserve ou de conditions. Esteban accordait un espace à Brandan. J’irais même jusqu’à dire que si Brandan était toujours Brandan, c’était parce que Esteban le lui en laissait la possibilité. « Sais-tu ce que je faisais, le jour où le nouvel ordre est devenu loi ? » demandait-il, au bout d’un moment. Bien sûr que non, Esteban ne pouvait savoir. Lui par contre, s’en souvenait comme si c’était hier et le souvenir lui revenait en mémoire mieux que jamais à cet instant où il s’apprêtait à le partager. « Je travaillais sur un scénario. Plus exactement, une scène qui aurait dû être tournée au sommet de la London Eye. » Le scénario d’un prochain film qui n’avait jamais vu le jour. « Avec tes cartes, on ne devrait pas trop avoir de mal à y accéder. J’adorerais y aller. » Brandan se demandait aussi ce qu’il faisait, lui, lors de ce jour fatidique. Ils auraient peut-être le temps d’y revenir un peu plus tard, si Esteban se montrait encore prêt à suivre Brandan dans son envie du moment.

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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Dim 4 Juin - 0:57

    On ne peut pas cacher qu’Esteban avait été sceptique au départ, à l’idée d’accueillir Brandan chez lui. Il faut admettre que rien ne présageait que ces deux là puissent se supporter, et nouer une certaine amitié l’un avec l’autre. Ce que Brandan ignore, c’est qu’il est devenu ce qui empêche Esteban de plonger en chute libre, dans ce vide qui l’habite. L’intérieur n’est construit de rien, notre esprit est assis sur ce tapis de jeu. Ensuite, petit à petit, une telle pensée ou un tel souvenir va venir se poser sur cette aire de jeu et le tout s’enchaînera dans une merveilleuse construction commençant par se solidifier. Le besoin de vie se retrouve alors issu de l’élargissement de ces fondations qui, petit à petit, vont gagner en hauteur, vont grandir jusqu’au point d’en devenir littéralement branlante. La structure va se fragiliser et prendre le risque de s’anéantir sur son propre poids. Notre esprit accusera la chute, devenant totalement secoué, désordonné et perdu. Il n’attendra que cette main salvatrice qui balayera tout ce qui se trouve sur le sol avant de repartir à zéro pour une nouvelle tentative de reconstruction. En cette façon, ces étapes avaient été fidèlement respectées par Esteban. Il suivait un engrenage normal, logique, voire traditionnel. On imagine, on matérialise l’idée en la construisant, un défaut vient tout anéantir et on recommence de plus belle en prenant en compte la source de notre échec. Jusque-là, tout se suivait à la perfection… A ceci près qu’il y avait un détail qui ne collait pas avec le reste, un détail qui faisait toute la différence. Esteban n’avait pas procédé à l’étape du nettoyage par le vide car il ne se l’autorisait pas, il ne se l’autorisait plus.

    Contemplant l’ampleur du désastre, il observait toutes les pièces de sa construction éparpillées, là, jonchant le sol de façon hasardeuse et on ne peut plus brouillonne. Et que fait-il au lieu de les balayer ? Son esprit saisit une pièce au pif et tente d’en reconstruire quelque chose vis-à-vis d’elle. Sauf qu’il veut bâtir cela sur les anciennes ruines qui le hantent et qui le rongent. Dès lors, la reconstruction s’en veut entravée et, si pas impossible, au moins fortement compromise. Mais il ne peut se résoudre d’agir autrement. Agir autrement signifierait qu’il devrait se séparer de bons nombres de pièces, ou de changer plusieurs de ces dernières. Un changement de circonstances mais un changement impossible. Il avait délibérément vulgarisé l’importance de certaines de ces fameuses pièces dans les dernières modifications apportées à son édifice avant la chute fatale. Des pièces majeures qu’il ne veut en aucune façon mettre sur le côté et, ce, quelle qu’en soit les raisons. Bien évidemment, tout cela n’est qu’une immense métaphore pour dépeindre son mode de pensée et de fonctionnement actuel… Comme quoi tout est toujours plus simple avec les legos !

    Si nous voulons continuer dans l’esprit de ce développement imagé, Brandan représenterait aujourd’hui sa base de solidification, entendez par là, l’élément le plus stable et le plus propice à servir de pilier de reconstruction. Une considération peut-être imposante et trop importante mais à laquelle il ne pouvait s’empêcher de se rattacher. Les éléments avaient faits qu’il avait ressenti le besoin, la nécessité, sans pour autant chercher à contrôle ce ressenti, de le symboliser comme sa base de renouveau et sa force de reconstruction. Après tout, n’était-il pas le seul qui l’avait accepté dans l’état le plus pitoyable qui soit sans le juger et sans le blâmer? Un petit rien, un détail…ou pas ! « Dis-moi » glissait-il entre deux bouchées, portant son attention sur les mots de son vis-à-vis. Indirectement, cette question le renvoyait vers son propre passé, se demandant, le temps de quelques fractions de secondes, ce qu’il faisait au moment ou le nouvel ordre dévoila son visage au monde entier. Pas le temps d’y songer, il se concentrait sur Brandan. Il se permit quelques secondes de silence, son regard quittant son vis-à-vis pour se servir un nouveau verre d’eau. Guidé par les pensées, il demeura lui-même dans le doute et l’interrogation quant à la tenue de cette sortie ou non. Son risque ou sa facilité. Les yeux miel d’Esteban rencontrent ceux bleus de son colocataire pour donner réponse suite à un suspens qui a dur assez longtemps ainsi.

    « D’accord. On peut finir de manger et s’offrir cette sortie. A condition que tu évites de provoquer qui que ce soit…Et please, tu te tais au passage des checkpoints et tu me laisses faire, ok ? » Son air exaspéré avait refait surface avant de ne disparaitre rapidement alors qu’il finissait son assiette. Lançant sur le coup. « Il parlait de quoi ce scénario, d’ailleurs ? » Il n’ira pas dire qu’Esteban ne s’intéressait pas à ce qu’il savait faire de mieux. Ce pourquoi les résistants, ont d’ailleurs décidé de l’intégrer au mouvement.

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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Jeu 8 Juin - 3:23

Tout, avec Brandan, relevait de l’ambiguïté. Avec Esteban, depuis que s’était nouée entre eux une amitié, il nageait dans cette étrange zone entre le dévouement pur, lequel aurait été trop lisse pour la personnalité profonde de l’Américain, et son désir de grandeur. Sans oublier, une légère tension. Comment dire ? Les deux jeunes hommes étaient des extrêmes, voire des opposés. Esteban était calme et réfléchi, tandis que Brandan était bien davantage spontané et excessif. Le plus tordu était probablement cette croyance que Brandan s’était mis à prendre pour vérité pure et dure, selon laquelle Esteban avait besoin d’être ainsi mis à l’épreuve. Il s’en faisait même une mission ; pas question de laisser l’analyste financier… eh bien, être uniquement tout ce que devait être un analyste financier. Trop de temps libre tuait le plaisir du temps libre, non ? Il en allait de même avec la tranquillité. Trop de tranquillité n’était pas bon pour la santé d’Esteban, voilà ce qu’il avait décidé tout seul. Bien sûr, il savait bien que Esteban avait bien autres choses que lui dans sa vie. Il s’était joint à la résistance pacifique avant même que cela ne soit l’ombre d’une possibilité pour le cinéaste. Mais Brandan avait dans les mois passés décelé chez le jeune homme une tristesse, une sorte de mélancolie, qu’il ne voulait plus voir se peindre sur le regard d’Esteban. Tant pis s’il fallait pour cela quelques fois l’exaspérer. Brandan était un tourbillon d’idées et croyez-le ou non, il filtrait tout de même ce qu’il laissait passer. Parce qu’il l’aimait bien, Esteban, et voulait lui être agréable malgré tout.

« Oh, please… » Chatonnait-il, en écho aux paroles que venait de prononcer Esteban. « Je sais que tu adores ces petits numéros. » Au moins, il admettait qu’il s’agissait de numéros. En soi, c’était une nette amélioration et surtout, une sincérité qu’il n’offrait pas à tout le monde. « Ok. C’est promis. » Il souriait à s’en abimer les muscles du visage. De quoi enlever toute possibilité à Esteban de se raviser si cela venait à son esprit. « Tu devras monter tout au sommet de la London Eye avec moi pour le savoir, babe. » glissait-il, sur un ton enjôleur. Ah… Brandan ! S’il ne pouvait plus provoquer personne, il pouvait au moins provoquer un peu -un tout petit peu- Esteban ? Lui tirer à nouveau cet air réprobateur, cette envie de sourire qu’il réprimait pour ne surtout pas l’encourager… Hm ? Brandan adorait cela. C’était de l’insouciance volontaire, en dose prescrite par ses propres soins pour éviter de crever sous le poids de tout le reste.

Quelque chose se passait toutefois, quelque chose de très inhabituel. Le sourire de Brandan s’estompait petit-à-petit. Pas pour disparaître complètement, mais pour laisser place à un air hésitant. Ce « quelque chose » était pourtant de plus en plus fréquent lorsqu’il se trouvait en la compagnie du jeune homme et plus particulièrement encore, depuis qu’ils partageaient le quotidien sous le même toit. Cela commençait par un pincement dans l’estomac, et cela finissait par voiler ses pensées qui roulaient de coutume dans un flot constant et étourdissant. C’était ensuite un léger inconfort dans la poitrine. Brandan devenait silencieux et ses silences, dans leur rareté, étaient éloquents. Brandan était...inquiet, voilà. Inquiet d’emmerder Esteban, inquiet de voir apparaître une forme de lassitude sur son visage. En quelque sorte, il lui arrivait de plus en plus souvent de se remettre en question, de douter de sa façon de faire… Après avoir avaler encore quelques bouchées, bientôt presque tout le contenu de son assiette, le jeune homme relevait les yeux vers Esteban.

« Je peux me comporter comme il faut, tu le sais ça. » Il était évident ici que le barème n’était pas vraiment le sien. C’était ce qui rendait les choses encore plus compliquées à appréhender pour le jeune homme ; il n’avait jamais vraiment auparavant eu à se considérer selon la perception d’une autre personne. « Je me fiche bien de ce que peuvent penser les gens. » Partiellement faux. Du moins, son attitude laissait bien comprendre qu’il se souciait au moins de provoquer des réactions, quelle que soit leur nature. « Mais pas de ce que tu penses, toi. » Ce n’était pas vraiment de la mauvaise volonté de sa part si les conversations ne tenaient jamais vraiment la route sur des sujets plus sérieux. C’était parce qu’il ne supportait tout simplement pas cette attente, et il n’était pas certain de vouloir attendre une réponse de la part d’Esteban. Leur regard se croisaient et Brandan se remettait à sourire, juste avant de détourner les yeux. « Je te débarrasse ? » L'assiette d'Esteban était à présent vide et il terminait la sienne d'une dernière bouchée.


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MessageSujet: Re: Take a chance on me [PV] Dim 25 Juin - 20:19

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- Fin du topic -

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Take a chance on me [PV]

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