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Date d'ouverture : 27/03/2013
3eme saison : Take the power back 28/04/2017
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Intrigue VII : New Order Has Been Hacked
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Lost in The Echo

Version : Are you Ready for the Storm ?

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Intrigue VII : Cordelia & Winston

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MessageSujet: Intrigue VII : Cordelia & Winston Mer 18 Oct - 3:32



cordelia & winston


Les habituels messages diffusés dans le métro ont été remplacés par de la musique... Si bien que les autorités exigent l'arrêt complet des trains du métro le temps de mettre un terme aux diffusions et les passagers sont refoulés à l'intérieur des stations, créant de bouchons monstres et des attroupements. Quelques minutes de musique... suffisants pour raviver la flamme résistante de plusieurs ! Dans ce climat de panique, Cordelia aperçoit son ami Winston Flanagan, lequel tout comme elle est coincé sous terre à quelques pas pourtant de son lieu de travail. Les réseaux sans fil étant surchargés, impossible pour le jeune homme de se sortir du guêpier par un coup de fil. La jeune femme le rejoint en prenant conscience des regards hostiles qui lui sont adressés, car il semblerait bien qu'une manifestation spontanée s'organise autour d'eux.

Contexte de l'intrigue VII : ICI
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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Cordelia & Winston Sam 21 Oct - 2:56



Intrigue VII : New Ordre has been hacked

Pour Cordelia, les voyages quotidiens dans le métro londonien faisaient partie de ces moments de solitude nécessaires dans une journée. Avant le boulot, c’était pour rassembler la force et la sérénité essentielles à l’exercice de ses fonctions. En fin de journée, c’était pour prendre le temps de tracer la ligne qui lui permettait de distinguer les problèmes des jeunes qu’on lui confiait et la charge émotive y étant associée, de sa propre vie. La jeune femme aimait bien se retrouver avec elle-même, pourtant entourée de tous les autres passagers, dans la quiétude de la bulle invisible que chacun accordait implicitement aux autres. Elle préférait cela de loin au trafic des automobilistes, même si l’heure de pointe apportait parfois son lot de désagréments lorsqu’il fallait jouer des coudes pour obtenir un peu d’espace dans le train et en laisser suffisamment aux autres.

Ce matin-là, Cordelia, comme la majorité des gens, n’aurait pu prévoir la tournure qu’allait prendre son trajet vers son lieu de travail.  Sans prévenir, à la suite de l’immobilisation du train à une station du centre de la ville, de la musique s’était fait entendre. Naturellement, la confusion s’emparait des passagers qui quittaient des yeux leurs écrans de téléphone pour s’interroger les uns et les autres du regard. De la musique…Depuis combien de temps la plupart d’entre eux n’en avaient pas entendue au grand jour ? L’habituel « mind the gap » et les messages sur l’état de la circulation faisaient place à un vieux titre de rock and roll.  Interloquée, Cordelia suivait la vague qui se hissait hors du train immobilisé depuis de longues minutes déjà. Ces quelques dernières stations de métro pouvaient se faire à pieds, bien qu’elle serait assurément en retard au travail pour ses premiers rendez-vous. Comme tant d’autres, la jeune femme avait du mal à se frayer un chemin. Après avoir jeté un coup d’œil à son téléphone portable, elle restait immobilisée derrière la foule, écoutant les murmures qui lui apprenaient que la sortie était bloquée par les autorités. Un léger vent de panique s’insufflait en elle et elle n’était pas la seule dans cette situation. La foule refoulée était grouillante et de plus en plus bruyante, entre les commentaires échangés entre voisins et les discussions animées avec les agents de l’ordre qui bloquaient le passage.

Le ton semblait même hausser aux premières lignes et Cordelia, balayant du regard les environs, remarquait un visage familier à quelques pas derrière. Winston Flanagan, qui en cet instant, était susceptible de lui en apprendre sur ce qui se tramait...Du moins, elle l'espérait. La jeune femme se frayait tout aussi péniblement un chemin jusqu’à lui. - Winston ! Elle attendait de capter son regard, avant de poursuivre. - Tu sais ce qui se passe ? Elle réalisait au même instant qu’elle était plus ou moins inquiète, alors que l’impatience des passagers coincés sous terre semblait se muer en une agitation plus rebelle et qu’il lui semblait bien percevoir quelques regards lancés dans la direction de son vis-à-vis, bien connu pour faire partie de l’élite.

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Cordelia & Winston Mer 25 Oct - 20:57

Underground
Cordelia Vanhamme & Winston Flanagan


« Il tombait. Tout à coup un roc heurta sa main ;
Il l'étreignit, ainsi qu'un mort étreint sa tombe
Et s'arrêta. Quelqu'un d'en haut lui cria : - Tombe !
Les soleils s'éteindront autour de toi, maudit !
Et la voix dans l'horreur immense se perdit.
Et pâle, il regarda vers l'éternelle aurore.
Les soleils étaient loin, mais ils brillaient encore.  »
Victor Hugo, extrait de « Depuis quatre mille ans il tombait dans l'abîme »


Prendre le métro, c'était s'autoriser à dériver, tandis que la voiture forçait la concentration. Le grondement haché et cadencé du train berçait ses pensées. Parfois, le chuintement des portes ou la conversation de quelques passagers le tiraient de ses raisonnements. Il y retournait avec la même facilité. Bulle ; cocon ; chrysalide ; refuge. L'esprit savait s'entourer d'un rempart contre l'extérieur. Protégé, il préparait les sièges futurs dans l'intimité de sa forteresse. Puissant, il s'isolait du reste ; d'une réalité trop bruyante, trop captivante, trop excitante pour les sens. La réalité, le monde, la vie, l'univers, cherchaient les attentions, et il n'était pas une seconde où ils ne tentaient pas de les susciter. Être citadin, avoir toujours vécu en ville, c'était savoir en faire abstraction. Winston avait de surcroît cette étrange capacité à occulter le réel effectif dès lors qu'il songeait ; atout ou défaillance, difficile de le dire.
Pourtant, ce son, ce tintement, ce battement, lui fit définitivement relever la tête. C'était un rythme que la plupart des gens avait oublié. Ils l'avaient oublié parce que le Nouvel Ordre l'avait traqué avec une minutie meurtrière. De la musique. Néanmoins, c'était un air que chacun connaissait, que chaque personne qui avait vécu avant l'avènement de cette nouvelle idéologie dévoreuse d'art avait déjà entendu. C'était ce groupe anglais de la fin du XXème siècle, c'était Queen et son fameux The Show Must Go On. Son regard céruléen glissa sur les visages des passagers tandis qu'il plongeait la main dans la poche de son manteau, pour en sortir son téléphone. Sous une pression de doigt, l'écran s'alluma ; aucun service. Forcément, sous terre, le réseau ne passait pas. Une bouffée d'adrénaline gonfla sa poitrine - car il n'y avait aucun doute à avoir sur l'origine du problème.

La Résistance Pacifique. Par un subterfuge malicieux, le mouvement était parvenu à diffuser ce morceau, à remplacer la monotonie des annonces par des notes sauvages, qui frappaient les tympans et réchauffaient les sangs. Winston, aussitôt, sortit du wagon. Il était évident que le problème ne serait pas immédiatement réglé. Le gouvernement n'était pas préparé à ce type d'attaques. Pis encore, il avait cru avoir muselé les pacifistes. Il avait cru que c'en était fini ; qu'il n'y avait plus que des cendres, peut-être encore rougeoyantes, mais des cendres, un feu mort, le néant. Il s'était trompé, ils s'étaient tous trompés. Alors que tous les regards se tournaient vers la Résistance Armée et que tous les cerveaux contribuaient à l'orchestration de sa chute, dans l'ombre, son homologue, si tendre qu'on le croyait inoffensif, se défaisait lentement de ses liens, et préparait son entrée en scène.
C'était l'agacement qui rythmait les pas du ministre. Ils s'étaient laissé berner ! Bêtement, comme des enfants. Il lui fallait à tout prix rejoindre son lieu de travail, d'où il pourrait s'activer efficacement pour régler le souci, et préparer la contre-offensive. Parce qu'il en fallait une : il réalisait que la paix était encore moins gagnée que ce qu'il croyait. Cependant, sa course était freinée par un amas de personnes. Il tentait de se frayer un chemin, mais la foule restait opaque, dense, étouffante. Au loin, il aperçut des policiers, qui bouchaient les entrées et tentaient de contenir les travailleurs. Une vague de panique et d'énervement mêlés traversa l'assemblée, déjà survoltée depuis que la musique avait fait entendre ses premiers tintinnabulements - certains avaient pris peur, d'autres sentaient sûrement leur âme rebelle hurler dans leurs veines. Pourtant, il continua à jouer des coudes, jusqu'à ce qu'une voix - qu'il connaissait bien - ne l'interpelât. Il tourna la tête et vit, sur sa droite, Cordelia Vanhamme. « Cordelia ? » La surprise se peignait sur son visage. Il ne l'avait pas vue depuis bien longtemps - peut-être même que ce temps pouvait se compter en mois, en plus d'une année. « Les communications sont coupées. » lui répondit-il. « Mais il n'est pas bien difficile de deviner quelle est la source de cette agitation. » Il avait peut-être parlé un peu plus sèchement qu'il n'en avait l'habitude, même dans ce genre de situations. Comme il sentait se poser sur eux des regards vibrant d'une étrange flamme, il lui glissa, plus bas : « La résistance pacifique. » Winston n'en doutait pas une seule seconde - la résistance armée aurait préféré simplement faire exploser l'une des rames, et condamner les passagers. « Il faut absolument que j'arrive à sortir de là. Où te rends-tu ? » Tandis qu'il posait cette question, il reprit ses efforts pour essayer de se frayer un passage - indiquant d'un signe de tête à la brune de le suivre. Son interrogation se justifiait plus par la forme que par un réel intérêt quant à ses activités, et sans doute aussi parce qu'il était motivé par une certaine inquiétude, parce que la jeune femme, en dépit du temps et des possibles désaccords, lui était chère.

©️ Dezbaa

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Cordelia & Winston Mar 31 Oct - 1:17

Bien des gens, en cette situation, décriraient le sentiment de claustrophobie. Le métro londonien était vaste, mais généralement étroit. Cette station n’échappait pas à la tendance et rendait le blocus instauré par les forces de l’ordre aussi étouffant que s’ils s’étaient soudainement retrouvés coincés au plus profond des entrailles de la terre. Il faisait chaud, c’était l’une des premières constatations à s’installer naturellement dans son esprit. Cela résultait assurément de l’énergie ambiante et de l’agitation palpable chez bon nombre de ces bonnes gens immobilisés avec eux. Les notes de musique grondaient furieusement, résonnaient dans une acoustique inhabituellement terrifiante, mais ce qu’il y avait de plus marquant… c’était le sentiment d’euphorie qui l’avait traversée pendant quelques secondes. Cela aurait été mentir de dire qu’elle n’avait plus entendue la moindre musique depuis l’avènement du nouvel ordre, mais dans cette ampleur ? Sous un tel phénomène de groupe ? Cela rappelait presque les concerts, bien qu’elle n’y avait jamais vraiment mis les pieds personnellement… Du moins, s’imaginait-elle les choses de la sorte. La peur avait pourtant repris sa juste place au sein des priorités. Winston Flanagan était un ami, un allié sur qui elle pouvait compter lui semblait-il, mais également un représentant du camp qui était responsable du bannissement de l’art sous toutes ses formes.

Elle l’avait écouté d’une oreille distraite, car il semblait bien que deux oreilles et deux yeux ne suffisaient pas à prendre la mesure de tout ce qui se tramait autour d’eux, puis à quelques mètres tout près du barrage policier. Cordelia n’avait plus dit un mot, à l’exception d’une réponse à sa question. - À quelques rues à peine, j’avais rendez-vous dans un café avec un de mes jeunes. Elle avait suivi Winston dans une avancée qui leur avait permis de gagner quelques mètres en direction de la sortie vers la rue. Ce rendez-vous était dores et déjà annulé. Cordelia se saisit bien soudainement du bras du jeune homme, alors que ce dernier manifestait d’autant plus d’impatience qu’il semblait impossible de s’approcher davantage. Cordelia, elle, observait les regards de ceux qui les entouraient. - Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure chose à faire. Quitter cette station de métro était également son désir le plus cher en cet instant, mais son intuition - certains diraient féminine - lui dictait de rester sur ses gardes. C’était une seconde nature chez elle, Cordelia travaillait avec des jeunes qui avaient été blessés, trahis, abandonnés, abusés… et elle savait reconnaitre ceux qui avaient une mauvaise idée quand elle en voyait une. - Winston… Quelle drôle de façon de retrouver un ami perdu de vue depuis des mois. Plus ils jouaient du coude, plus la foule devant eux devenait compacte. Elle croyait percevoir de l’impatience chez le ministre et pour cause…! Mais il semblait que le jeune homme ne percevait pas le même danger qu’elle voyait suinter de toute part. - Winston !

Ce deuxième appel avait suffit à capter à nouveau son attention. Cordelia était au même moment bousculée par un autre homme et elle se rapprochait un brin du ministre, l’occasion souhaitée de lui confier son sentiment. - Tu n’arriveras pas à sortir de si tôt, comme personne d’ailleurs. C’était peut-être le genre de chose qu’il n’avait plus l’habitude de se voir dire, mais elle était persuadée d’avoir raison. Les policiers en charge consentiraient probablement à l’extirper des profondeurs s’il parvenait à prendre contact avec l’un d’eux, mais il y avait bien plus de chances d’être accosté par l’un ou l’autre de ces hommes et femmes autour d’eux, où la grogne se faisait sentir. Il n’y avait pas plus brillant pour enrager les gens que de les mettre en un lieu clos et sombre, entassés comme des bêtes. Et la musique… Cette musique, créait un remous particulièrement survolté. - Il vaut mieux rester discrets le temps que cela passe…Essayons de te garder en un morceau, tu veux ? Les gens s’étaient amoncelés près des escalators. Cordelia songeait qu’il valait mieux s’éloigner des possibles affrontements et retourner près du train, où presque tout le monde avait déserté le quai. Elle regarda Winston dans les yeux pour la première fois depuis le début de cette conversation, en attente d’une approbation de sa part. Ce n’était ni le temps ni la place pour les « comment vas-tu, quoi de neuf ? » et pourtant, il y avait tant de choses à se dire. Tant de choses qui, au fond, trouvaient un écho dans cette situation complètement inattendue et inquiétante. Elle voyait en Winston un homme bon, cet ami qu’elle connaissait depuis si longtemps. D’autres autour, voyaient en lui un ennemi à en croire l’hostilité qui lui était pour le moment adressée plus ou moins subtilement. Elle se demandait quel était, dans tout ça, le véritable Winston. Le pouvoir l’avait-il à ce point changé ?

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Cordelia & Winston Ven 17 Nov - 20:56

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« Il tombait. Tout à coup un roc heurta sa main ;
Il l'étreignit, ainsi qu'un mort étreint sa tombe
Et s'arrêta. Quelqu'un d'en haut lui cria : - Tombe !
Les soleils s'éteindront autour de toi, maudit !
Et la voix dans l'horreur immense se perdit.
Et pâle, il regarda vers l'éternelle aurore.
Les soleils étaient loin, mais ils brillaient encore.  »
Victor Hugo, extrait de « Depuis quatre mille ans il tombait dans l'abîme »


Vingt mille lieues sous la terre, des centaines de cœurs qui pulsaient la même rengaine. Les rythmes se différenciaient, effrénés ou contrôlés, mais c'était le même air, la même ritournelle, celle dont il fallait se méfier, parce qu'elle chantait que les Hommes jamais n'étaient vaincus, et que la peur toujours les rendaient fous. Winston était insensible à la musique. L'art l'avait si peu souvent touché qu'il n'y avait jamais cru, n'y croyait pas. S'il avait su l'entendre, cette mélodie des palpitants, il l'aurait griffée d'un rationnel trait d'esprit. Il aurait ignoré les vérités qu'elle clamait, si doucereusement qu'elles semblaient être des mensonges. Néanmoins, il ne l'entendait pas, à la fois sourd à ses suppliques et focalisé sur son propre but : sortir d'ici, coûte que coûte. Gérer l'affaire. Régler le problème. Faire son travail, en somme.
Lorsque Cordelia saisit son bras, il s'immobilisa, et posa sur elle son regard déterminé. Son propos l'interloqua. Comptait-elle ne pas agir ? « La meilleure chose à faire, ce n'est sûrement pas de rester ici les bras croisés. » asséna-t-il. Et sans plus d'explications, il recommença à s'adonner à de périlleux chassés-croisés. Cependant, plus il forçait, plus la foule paraissait compacte et formait un mur solide, un rempart entre lui et l'extérieur. Plus la barrière résistait, plus il s'agaçait. Il avait chaud - trop chaud. Le frottement des corps et la surchauffe des esprits gonflaient l'atmosphère - il sentait la sueur humidifier sa nuque. Peut-être était-ce, aussi, cette adrénaline et cette appréhension qui l'étreignaient ?

L'appel de son amie l'arracha à sa quête. Il pivota vers elle - autant que le peu d'espace libre le lui permettait. Elle avait certainement raison, mais cette idée lui était insupportable. Il pinça les lèvres. S'il y avait une chose que le ministre exécrait, c'était de se sentir impuissant. Elles étaient loin, les vannes qui retenaient ses émotions ! Elles s'étaient levées et, peu à peu, la mer déferlait. A la lumière de la situation, ses traits se figeaient dans un énervement appuyé. La maîtrise des événements lui avait brusquement échappé, et quiconque le connaissait un tant soit peu savait comme il pouvait haïr cela. Il s'agissait certainement de l'un de ses plus grands points faibles, de cette faille qui, d'un craquement, pouvait embraser sa colère.
« On a besoin de moi là-haut. » se contenta-t-il de dire en levant les yeux pour désigner le plafond bétonné. C'était vrai. Il n'était probablement pas indispensable ou irremplaçable, mais utile et efficace, cela, oui. Tout son corps tendait vers l'extérieur - sa jambe avancée, son torse de biais -, il n'y avait que ses iris qui demeuraient rivés à ceux de la brune. Pourtant, elle insista, et il avait conscience - bon Dieu, il savait - qu'elle avait raison, et qu'il avait tort. Mais c'était cela, la rage ; se battre, combattre, se débattre, en dépit de tous les impossibles et de toutes les incohérences. Il détourna la tête et regarda la sortie, fermement gardée par des policiers, et entre elle et lui, la marée humaine. Un soupir lui échappa.

Et il y avait autre chose : les derniers mots de Cordelia. Il n'y avait pas songé, lui, le grand penseur, parce qu'il n'y avait eu que le feu de l'action, l'envie de partir, de bas instincts. Toutefois, un coup d'œil autour de lui suffit pour qu'il comprît. Là-haut, à l'abri de son bureau, il pouvait bien être tout puissant. En bas, dans les entrailles de la ville, il était véritablement plus mortel. Seul au milieu des brebis, le loup pouvait si vite être piétiné ! Des regards lui parlèrent, et il devina qu'ils n'attendaient qu'une provocation, une parole ou un geste, pour s'élancer. Tuer le ministre de l'Intérieur ne mènerait probablement à rien d'autre qu'à d'énièmes massacres au nom de l'ordre et de la paix, mais dans le ressentiment, nul n'est rationnel ; et un peu de son sang, ce serait une satisfaction, l'assurance d'avoir vengé les innocents.
Et il y avait Cordelia, qui le savait, mais qui restait. Il se demanda si elle ne constituait pas la dernière défense qui les retenait, et frissonna, soudainement renvoyé à son statut d'être humain - et peut-être que finalement, malgré ses convictions, il avait bien perdu cette sensation. Cordelia, bouclier de la dernière chance ; s'il avait pu être assez fou pour ne pas l'écouter, il n'aurait probablement jamais risqué son échappée au prix de son sacrifice. Il concéda : « Tu as certainement raison. Mais je ne peux pas rester ici à me tourner les pouces. » Oh, si, il pouvait ; simplement, il ne le voulait pas. Pourtant, docilement, il suivit son amie, qui l'entraînait vers les wagons désertés. Ils y seraient plus à l'abri, sans doute. Peut-être. Une voix s'éleva : « Comme nous sommes tous coincés ici, que diriez-vous de répondre à quelques questions, Monsieur le Ministre ? » Il tourna la tête. Une femme s'approchait, étincelante d'audace.

©️ Dezbaa

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