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Nouvelle MàJ: 18/10/17
Date d'ouverture : 27/03/2013
3eme saison : Take the power back 28/04/2017
Temps de jeu : Eté 2018
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Lost in The Echo

Version : Are you Ready for the Storm ?

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Intrigue VII : Ethan & Stacey

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MessageSujet: Intrigue VII : Ethan & Stacey Mer 18 Oct - 3:27



stacey & ethan


Au moment où frappent les premières attaques informatiques, Ethan comme Stacey sont chacun en réunion au Parlement de Londres. Un vent de panique se met à souffler sur leurs collègues et sans doute en eux-mêmes. La rumeur veut que des sites pro-résistance armées aient été piratés, tout comme ceux du gouvernement. Plusieurs se mettent à craindre que des informations sensibles soient révélées sur les membres du gouvernement et bien peu n'ont rien à cacher... Dans les couloirs, les deux anciens alliés qui n'avaient plus eu de véritable conversation depuis des mois se croisent. Il n'y a besoin que d'un regard pour que chacun perçoive chez l'autre une étrange appréhension, car la complicité ne s'efface pas si facilement. La question est de savoir : qui a peur et surtout, de quoi exactement ? Une conversation s'amorce, car en de tels moments d'instabilité, il ne fait pas bon être seul.

Contexte de l'intrigue VII : ICI
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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Ethan & Stacey Dim 22 Oct - 16:15

  • Curieux, comme l’état de panique savait s’installer sournoisement. Le moment d’avant, tout était au beau fixe et le suivant, chaos reigns. Il n’avait d’abord fallu que quelques rumeurs venant jusqu’à eux, absorbés tous et chacun par les sujets à l’ordre du jour, pour que l’on soit à même de constater l’inquiétude qui avait considérablement gagné les députés de l’assemblée. Les discussions plus ou moins privées avec les voisins s’étaient mises à prendre tant d’ampleur que le président de l’assemblée avait suspendu cette dernière, juste après avoir annoncé ce qui retenait l’attention de la majorité. Des attaques informatiques simultanées tenaient en otage différents sites gouvernementaux et possiblement des informations sensibles. Ethan, au lieu de se plonger dans les discussions animées avec ses collègues comme la plupart des autres, avait accédé grâce à son téléphone portable à un site de nouvelles où l’on titrait déjà l’actualité ; non seulement le gouvernement était touché, mais la ville toute entière était aux prises avec les pirates informatiques qui créaient un désordre sans précédant.

    Le jeune fonctionnaire était l’un des premiers à quitter les lieux de l’assemblée. Son sac en bandoulière sous le bras, il marchait d’un pas déterminé dans un des couloirs du Parlement, déjà trop animés. Il était désireux de s’éloigner de l’œil de la tempête, de ce climat où chacun semblait dorénavant se méfier du prochain - conséquence directe de toutes les suppositions et hypothèses qui se superposaient aux peu de faits déjà connus relativement à ces attaques coordonnées. Les informations défilaient à toute vitesse dans son esprit alors qu’il songeait aux faits que les actualités avaient déjà rapportés : il valait mieux éviter les transports en commun, pour la plupart paralysés, ainsi que toutes les zones où il fallait franchir des checkpoints importants, qui étaient pour le moment mis en cause par la chute des systèmes informatisés. Il était évident qu’il valait mieux patienter et ne pas se précipiter dans les rues de la capitale avant d’en savoir plus sur les conséquences des évènements, mais Ethan n’avait qu’une seule envie et il s’agissait bien de s’éloigner de ses collègues avec qui il entretenait au quotidien ces relations bien singulières d’amour/haine. L’inquiétude des autres l’empêchait de réfléchir tranquillement et en ces situations, il ne voulait de toute façon compter que sur lui-même.

    Au détour d’un coin de couloir, ses yeux s’arrêtaient brusquement sur une silhouette familière venant en sens inverse. Ethan était même forcé de s’immobiliser, car l’un des deux devait bien laisser passer l’autre avant de pouvoir poursuivre son chemin. Durant quelques secondes, le jeune homme restait perplexe. Un effet miroir n’aurait pas eu autant de poids, car il lui semblait bien qu’il émanait de Stacey Bennett un inconfort similaire au sien. Il en restait interdit. Suite à des évènements bien particuliers, son ancienne alliée n’avait plus qu’été qu’un visage de plus à ignorer au Parlement. Même qu’il lui avait réservé un traitement quelque peu différent des autres, plus incisif. Il s’était tout simplement organisé pour ne pas avoir affaire à elle, alors qu’il pouvait assez aisément échanger quelques mots et même une conversation futile toute entière avec d’autres collègues. C’était l’un des talents d’Ethan, user des mots pour en tirer ce dont il avait besoin.

    « Stacey. » Prononçait-il enfin. Il aurait déjà pu repartir, en sens inverse ou dans la direction qu’il semblait pressé d’emprunter. « Tout va bien ? » Quelle meilleure façon existait-il de détourner l’attention de quelque chose qu’en décidant soi-même du sujet à discuter ? En l’occurrence, il préférait parler d’elle que se risquer à la laisser remarquer quoi que ce soit d’anormal chez lui. Ethan gagnait même en calme, paraissait presque détaché de tout cela. « Tout le monde perd un peu le nord, pas vrai… ? » Ce ton obligeant lui était plus naturel qu’autre chose. C’était la meilleure chose à faire.

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Ethan & Stacey Lun 23 Oct - 20:10

Nichée à l’extrémité Nord du gigantesque palais de Westminster, la Chambre des communes était bien plus petite et plus austère que sa consœur des lords. Pourtant, il régnait entre ces quatre murs une ambiance électrique que Stacey n'aurait troqué pour rien au monde contre la platitude des débats des puissants du royaume, pas même au prix de quelques vitraux et autres dorures. D'un bout à l'autre de la salle, l'on s'insurgeait contre le camp adversaire, dans une posture manichéenne favorisée par la disposition des lieux. Les deux visages politiques de la démocratie britannique se faisait ainsi face, de chaque côté la Table de la chambre où siégeait le Speaker, érigé en arbitre - la majorité à sa droite, et l'opposition à sa gauche, comme le voulait la tradition, depuis des siècles. L'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication avait sans conteste contribué à renforcer la frénésie qui régnait constamment en ces lieux. En effet, il se passait rarement quelques minutes sans qu'un téléphone ne se mette à sonner et que son propriétaire ne se faufile, tant bien que mal, en direction de la sortie, abandonnant ainsi sa place à l'un de ses petits camarades - car le nombre de députés excédait et de loin celui des places assises. Pourtant, aucune des séances les plus mouvementées qui s'étaient tenues en ces lieux - et Dieu seul savait combien il y en avait eu - ne pouvait être comparée à celle-ci. L'agitation qui secouait l'assemblée, ce jour-là, était proprement inédite et laissait présager d'un cataclysme politique à grande échelle. Des sonneries de téléphone résonnaient d'un bout à l'autre de la salle, quasiment sans interruption. Absorbée par la rédaction d'une note à l'attention du responsable de la communication du parti, Stacey mit un certain temps à prendre la mesure de ce qui se tramait tout autour d'elle depuis déjà de longues minutes. Ce n'est que lorsque son voisin de table lui asséna un léger - mais non moins douloureux - coup de coude dans les côtes qu'elle daigna enfin jeter un coup d’œil à l'écran du smartphone qu'il tendait dans sa direction. « C’est pas vrai... ! » murmura-t-elle, dans un souffle, au moment même où le Speaker prenait la parole pour interrompre la séance.

Le cœur battant, Stacey glissa un bras dans sa veste de tailleur, abandonnée contre le dossier de sa chaise, tout en se laissant happer par la foule, en direction de la sortie. Les pensées se bousculaient littéralement dans sa tête, dans une véritable cacophonie. Selon les premiers titres de la presse, un certain nombre de sites gouvernementaux avaient été victimes d'une attaque informatique à grande échelle. Plus encore, certains services publics avaient été visés, paralysant les transports en commun, de quoi plonger une ville de la taille de Londres dans le chaos le plus total. Sans doute la jeune femme se serait-elle contentée d'afficher un sourire - discret, certes, mais non moins triomphal - si les nouvelles du jour s'étaient arrêtées là. Cependant, et à en croire certains journaux, des sites internet appelant à la résistance armée avaient également été visés. De quoi donner quelques sueurs froides à celle autour de qui l'étau semblait se resserrer, chaque jour davantage. Sa première tentation fut d'aller vérifier par elle-même ce qui n'était encore que de vagues spéculations. L'instant d'après, le caractère proprement stupide de cette idée lui sauta au visage. Elle qui, pendant des mois, avaient veillé à séparer ses différentes identités, à cloisonner ce qui relevait de son rôle de député de ce qui constituait son combat personnel, n'allait sûrement pas prendre le risque de se mettre à la faute maintenant en se connectant à son blog depuis son téléphone portable. C'eût été précipiter sa chute. Il n'y avait rien à faire, si ce n'est attendre - et fuir cet endroit au plus vite.

Elle était sur le point de gagner le grand hall lorsqu'elle se vit barrer la route par une armée de caméras et de micros, tendus vers elle - et ses collègues - comme s'il s'était agi d'armes de poing. Damn it, siffla-t-elle, en pensées, comme elle faisait brusquement demi-tour, dans un mouvement qu'elle s'efforçait de rendre le plus naturel possible, feignant d'avoir oublié l'un de ses téléphones en séance. Cela pouvait paraître absurde mais elle ne voulait pas prendre le risque de faire la moindre déclaration à la presse avant d'être certaine d'être hors de danger. De toute évidence, elle devrait résister - pour quelques temps encore - à l'envie irrépressible de prendre ses jambes à son cou. Incertaine quant à l'attitude qu'il lui fallait adopter, Stacey déambulait d'un pas mal assuré le long de couloirs pavés de carreaux noir et blanc, à l'affût de la moindre salle vide dans laquelle s'engouffrer le temps de recouvrer son calme. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas cette silhouette ô combien familière se dessiner brusquement devant elle. « Ethan. » se contenta-t-elle d'articuler, d'une voix légèrement enrouée, comme si le secrétaire d'état venait de l'arracher brusquement à un profond sommeil. Il y eut quelques secondes de flottement au cours desquelles Stacey ne sut que faire - esquisser un pas sur le côté pour continuer sa route ou se jeter à corps perdu dans une conversation qui les mettrait sans doute l'un et l'autre dans une position plus qu’inconfortable ?

Ethan la délivra de ce cruel dilemme en optant de lui-même et contre toute attente pour le deuxième scénario. Cela faisait plus de six mois que les deux politiciens ne s'étaient plus adressé la parole - et pour cause ! Curieusement, Stacey ne ressentit pas une seule seconde le besoin de s'expliquer avec celui qui l'avait tout bonnement trahie, et ce en dépit des longues heures qu'elle avait passé seule dans son bureau à ressasser tout ce qu'elle prévoyait de lui jeter au visage sitôt que l'occasion se présenterait. Sans doute le moment était-il mal choisi. Nul besoin d'être particulièrement douée d'empathie pour déceler dans le regard d'Ethan le même trouble qui se lisait également dans celui de la jeune femme. « C'est le moins qu'on puisse dire... » souffla-t-elle, en réponse à son commentaire. « Quelle pagaille ! » Nerveuse, elle jeta un nouveau coup d’œil inquiet à l'écran de son smartphone. « Je te déconseille ce chemin ! » s'exclama-t-elle finalement, tout en esquissant un geste par-dessus son épaule. « A moins que tu ne tiennes absolument à répondre aux questions de la horde de journalistes qui s'est introduit Dieu sait trop comment dans le palais. » Elle laissa échapper un rire nerveux qui ne lui ressemblait pas vraiment. « Encore que cette affaire relève davantage de la responsabilité des ministres de l'intérieur et de la justice. » Voilà plusieurs jours qu'elle n'avait plus pensé à Wesley, directement ou non, si bien qu'elle sentit son estomac se contracter légèrement. « Tu n'as donc pas de souci à te faire, si ? » finit-elle par ajouter d'un ton qu'elle voulait léger, comme elle sondait son ancien allié, de son regard clair. A cet instant précis, elle réalisa combien il risquait d'être difficile, pour l'un comme pour l'autre, de berner son vis-à-vis. Après tout, n'avaient-ils pas appris et développé ensemble tous les subterfuges qu'ils s'évertuaient à employer à cet instant dans l'espoir de ne rien laisser paraître de leur profond malaise ?

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Ethan & Stacey Dim 29 Oct - 20:26

  • L’absurdité du monde ne venait-elle pas du fait même que l’homme était forcé de vivre au quotidien le Bien comme le Mal ? Et qu’il n’existait pas en ce monde des notions plus relatives l’une que l’autre, considérant qu’elles l’étaient l’un par rapport à l’autre ? En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal, avait écrit Machiavel dans Le Prince. Son enseignement était au cœur même d’un apprentissage commun à Stacey et à Ethan. Un qui les avait particulièrement fascinés d’avance sans que l’un ou l’autre n’ait idée encore d’à quel point cela s’avérerait criant de vérité à leur existence bien des années plus tard. Tous et chacun pouvait s’entendre aisément sur le fait que la politique était un art de corruption où les intérêts avaient souvent raison des valeurs. De même, chacun espérait la démocratie, mais tous ceux ayant un pied dans l’arène détenaient le terrible secret qu’il n’en existait plus, en Angleterre depuis des années, qu’une d’apparences. Il fallait des pions sur l’échiquier, mais il n’y avait plus qu’un seul véritable joueur alors que par essence même, la démocratie devait être le fait de plusieurs. La démocratie ne pouvait de toute façon pas exister dans les conditions qui étaient celles de la présente société construite selon le modèle de ces élites au pouvoir. Gouverner librement ne pouvait rimer avec priver le peuple de ses droits les plus fondamentaux, soit sa liberté d’expression. L’Art avait toujours été à la fois liberté et expression de l’humanité.

    Sans le savoir, les deux anciens alliés du domaine public et privé avaient des opinions similaires quant à cette guerre non pas souhaitable, mais nécessaire. Ethan n’avait pas le sentiment d’avoir mal agi. Son inquiétude ne provenait pas d’une culpabilité qu’il n’éprouvait pas - à son esprit, il avait même fait preuve d’amitié et de loyauté en retenant intentionnellement son amie en réunion plutôt qu’en la laissant aller là où du sang était sur le point d’être versé et où son père avait trouvé la mort. Stacey Bennett avait mené un combat semblable dans le plus grand des secrets, s’était rendue responsable de la mort de plusieurs membres de l’élite et du nouvel ordre au nom du bien commun. La différence entre Ethan et Stacey était probablement ce subtil plaisir qu’avait pris Ethan à fomenter ainsi son plan obscur, comme si toute construction du futur nécessitait absolument de passer par la destruction… Mais cela était sujet pour un autre jour. Le temps présent portait déjà en lui-même son lot d’interrogations. Les faits étaient encore peu nombreux quant à la nature véritable et l’origine probable de l’attaque informatique qui créait tout l’émoi au Palais de Westminster. Les hypothèses étaient probables, mais il fallait toujours se méfier de ce qui semblait être trop évident. Le sous-secrétaire d’État adhérait d’ailleurs à cette maxime alors qu’il considérait son interlocutrice d’un regard légèrement intéressé, mais surtout pensif.

    Ethan craignait moins que son implication dans l’attaque ayant ébranlé son ancien parti soit révélée par les possibles informations sensibles subtilisées par les pirates informatiques, que le fait d’être lui-même physiquement arrêté. L’esprit le plus radicalement militant - acculé au mûr, il saurait justifier ses actes et choix, qui étaient à son avis le choix du « moindre mal » dont il était question plus tôt - ne pouvait échapper au désir de se préserver. Le jeune homme prenait plaisir à serpenter ainsi au milieu des ministres et députés de l’assemblée, auprès des hommes d’affaires et autres grands esprits tout aussi tordus de ce monde, et n’avait pas l’intention d’être contrecarré de si tôt. La pensée le traversait furtivement qu’il détenait ainsi certainement quelques points communs avec ses ennemis jurés, qu’il avait un jour promis de destituer et dont il espérait toujours secrètement la chute prochaine. La relativité du bien et du mal n’avait jamais eu autant de sens qu’à cet instant, qu’au plus profond des opinions et des ressentis d’Ethan Marshall qui s’éternisait curieusement à rester silencieux devant la politicienne. Il constatait avec étrangeté qu’il ne cherchait pas à esquiver la conversation. Il avait même très envie de prolonger cet instant en sa compagnie. Était-ce les racines, toujours vivantes sous les couches de désaccords et de trahisons, de leur complicité longue de plusieurs années ? Ou bien la perversité subtile et raffinée de l’ancien député de Manchester ? La réponse se tenait fort assurément quelque part entre les deux, il n’en était pas tout à fait certain lui-même.

    « Bien entendu, évitons de satisfaire leur perversité. » Soupirait-il au bout d’un moment. Ethan ne portait pas les journalistes dans son cœur, spécialement ceux qui se battaient pour la nouvelle comme l’auraient fait des affamés pour un morceau de pain. « Au contraire, je crois que nous avons tous du souci à nous faire. » Son regard s’ancrait sur celui de Stacey. Il laissait le silence s’installer durement à nouveau, pourtant sans chercher à la coincer d’une quelque façon. C’était une vérité sinistre à son avis : nul en ces mûrs n’était véritablement à l’abri si l’on en croyait ce les murmures incessants. Les responsables de toute l’affaire n’avaient certainement pas pour simple objectif de s’amuser à forcer les puissants de ce monde à une introspection certaine. « Puis-je te demander ce que tu penses de tout cela ? Pas en tant que chef de parti, mais ce que tu en penses vraiment. » C’était à la fois les circonstances, l’impossibilité de quitter le Palais et l’habitude, qui avaient fait en sorte de joindre leur chemin à nouveau. D’autres que lui auraient amorcé la poursuite de leur discussion en présentant quelques plates excuses ou justifications… Mais pas Ethan. N’avait-elle pas un jour apprécié ce trait de caractère chez lui ? Il ne lui aurait probablement pas parlé différemment que s’ils avaient toujours été aussi proches qu’ils avaient su l’être. Tel que déjà mentionné, il n’avait pas l’impression d’avoir mal agi. Il avait pris les décisions difficiles que d’autres n’auraient jamais osé prendre. Il regrettait tout de même de s’être retrouvé forcé de faire cavalier seul, car il convenait que faire équipe pouvait parfois, seulement lorsque l’équipe était complémentaire et d’égale conviction, être d’une efficacité bien supérieure. Il fallait aussi bien admettre qu’il retrouvait ses aises sans mal, auprès d’elle. Stacey Bennett faisait partie de la très sélecte liste de gens qui avaient un jour éveillé son intérêt et en la compagnie de qui il cherchait à véritablement converser.

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Ethan & Stacey Jeu 9 Nov - 18:10

Tout l'art de la politique est de se servir des conjonctures, Stacey ne pouvait décemment prétendre le contraire. Quant à son vis-à-vis, il était désormais clairement établi que cette vieille maxime était devenue pour lui une sorte de devise personnelle. Comme elle le jaugeait du regard, la jeune femme tâchait de se remémorer les circonstances de la trahison dont il s'était rendu coupable - sans avoir à déployer beaucoup d'efforts pour y parvenir. Comment oublier cette sinistre et froide matinée de septembre ? A l'heure où les sournois et les flatteurs se bousculaient de toute part pour rendre un tout dernier hommage à celui qui devait laisser une empreinte durable dans l'histoire politique de ce pays - n'en déplaise à ses détracteurs - Ethan, lui, n'avait pas montré patte blanche. Cette absence, pour le moins remarquée, aurait probablement dû lui mettre la puce à l'oreille. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, Stacey ne se souvenait pas d'avoir pensé à autre chose qu'au fait que son ami lui manquait - terriblement. Aussi loin qu'elle puisse se le remémorer, elle ne s'était jamais sentie aussi seule qu'à cet instant. Seule sur le plan politique. Seule sur le plan personnel. Car c'était bien au carrefour de ces deux territoires, farouchement hermétique l'un à l'autre, que s'était très longtemps située leur relation. De simple camarade, Ethan avait progressivement gravi tous les échelons pour conquérir les grades de collaborateur, de conseiller et enfin - le plus prisé de tous - le rang d'ami. Peu de gens, dans l'enceinte du Parlement, pouvaient se targuer de ce titre. La trahison n'en avait été que plus cruelle. Stacey avait cru en Ethan, comme elle n'avait jamais cru en personne d'autre sur le plan professionnel. Sans doute ne lui avait-elle pas suffisamment répété mais elle avait toujours pensé qu'il était promis à un grand avenir politique, peut-être même plus grand que le sien. Aujourd'hui encore, elle peinait à comprendre comment il avait pu se fourvoyer à ce point, en s'associant à des personnes qui ne partageaient aucune de ses valeurs.

En réaction à ces sombres pensées, les traits de la jeune femme s'étaient quelque peu durcis. Ce n'est que lorsque Ethan jugea bon de la corriger concernant le risque que cette attaque faisait peser sur chacun d'entre eux qu'elle reprit peu à peu contact avec la réalité. A dire vrai, il n'avait pas tout-à-fait tort. A cette pensée, elle jeta un nouveau coup d’œil nerveux en direction de son téléphone. Elle avait beau actualiser frénétiquement les flux d'actualité des différentes applications des principaux journaux britanniques, aucune nouvelle information n'était parue. Difficile de savoir si tout cela était de bonne ou de mauvais augure. Préoccupée, Stacey mit un certain temps à percevoir le sens des derniers mots prononcés par Ethan. Prise de court, elle détourna un instant le regard et fronça légèrement les sourcils ce qui, chez elle, était généralement le signe d'une intense réflexion. L'agitation était peu à peu retombée tout autour d'eux, à mesure que l'effet de surprise provoqué par cette attaque s'était peu à peu dissipé. Certains députés erraient encore, deçà delà, mais semblaient trop absorbés par leur propre conversation pour être tentés de prêter l'oreille à la leur. « Pour être tout à fait honnête avec toi, c'est une idée que j'aurais aimé avoir. » souffla-t-elle finalement, comme elle levait de nouveau les yeux vers Ethan. Et de rajouter, comme un sourire mutin se dessinait lentement sur ses lèvres : « Mais ce n'est pas le cas - au cas où tu te poserais la question. » Si Stacey n'avait pas été aussi préoccupée par l'impact que ce piratage massif était susceptible d'avoir sur elle, sans doute aurait-elle été en mesure d'accueillir la nouvelle comme elle méritait de l'être. Car après tout, ce n'était pas tous les jours que David faisait trembler Goliath.

« A titre personnel, j'ai sans doute du souci à me faire, comme chacun d'entre nous. » concéda-t-elle enfin, dans un léger haussement d'épaules censé simuler une forme de désinvolture qui, à coup sûr, n'était qu'une façade. « Mais en tant que responsable politique... » Ce n'était pas vraiment l'objet de la question posée par Ethan mais la réponse méritait, selon elle, de s'y attarder un peu. Et puis, cela faisait bien longtemps que Stacey Bennett n'arrivait plus à percevoir de frontière claire entre le politique et le personnel. Quiconque connaissait un tant soit peu sa vie privée - et son interlocuteur était de ceux-là - en avait parfaitement conscience. « Si cet événement permet d'ouvrir une brèche, je compte bien m'y engouffrer, et tenter de faire autant de dégâts politiques que possible. » s'exclama-t-elle enfin, la mine grave et le ton résolu. Et de rajouter, le regard brillant d'un enthousiasme qui ne l'avait plus animée depuis longtemps : « Il est devenu de plus en plus difficile pour l'opposition d'exister. Cette attaque informatique, c'est peut-être le point de rupture que nous attendons depuis longtemps, un premier caillou dans la chaussure du Nouvel Ordre. » Nous. Sans même y penser, elle avait naturellement inclus Ethan. L'instant d'après, elle se sentit pâlir un peu. « A une époque, nous aurions mené ce combat ensemble... » se rattrapa-t-elle, assez maladroitement, comme elle semblait se fermer de nouveau.

Mal à l'aise, la jeune femme ne laissa filer guère plus de quelques secondes d'un silence gêné avant de rebondir, là où on ne l'attendait probablement pas. « Puis-je te poser une question à mon tour ? » souffla-t-elle à mi-voix, avant de rajouter, sans lui laisser le temps de lui répondre : « As-tu vraiment le sentiment d'influer sur les choses ? Je veux dire... Plus que tu ne le pouvais à une certaine époque ? » Là-dessus, elle jeta quelques coups d'œil par-dessus son épaule, comme pour vérifier que cette conversation ne risquait pas d'être interceptée par quelques oreilles indiscrètes. « De toi à moi, Ethan. Est-ce que ça valait vraiment le coup ? » Cette question, elle s'était imaginée lui poser quelques milliers de fois, sur autant de tons différents. Pourtant, elle n'aurait jamais pensé être capable de faire montre du calme olympien qui semblait l'habiter en cet instant, pas même dans ces rêves les plus fous. Peut-être les circonstances, si particulières, y étaient-elles pour quelque chose. Peut-être l'exhortait-elle à prendre du recul. Ne s'était-elle pas trompée de combat ? Si elle avait tenté de provoquer ce genre d'actions, si elle avait confié à son plus proche collaborateur son projet de poursuivre le combat d'une façon peut-être un peu plus radicale - déterminée à tout le moins - l'aurait-il trahi de la sorte ?

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MessageSujet: Re: Intrigue VII : Ethan & Stacey Sam 18 Nov - 18:24

  • Le cœur de chaque homme et de chaque femme recèle de désirs. Chez certains, comme chez Ethan, cela ne concernait pas le désir d’autrui. Les actes charnels l’attiraient si peu. En revanche, l’argent, le pouvoir, l’avaient toujours séduit. Parce que l’un contribuait à obtenir l’autre. Cela remontait à si creux en son enfance, alors qu’il errait encore parfois comme un voyou dans les rues de la banlieue de Manchester, rien que pour subvenir aux besoins de sa famille ou pour s’évader de la misère de celle-ci. Ethan avait changé. Tout comme le monde l’avait fait sans égard à tant de choses. Malgré tous les changements opérés, visibles ou non, cet incessant flirt avec le pouvoir était intrinsèque à sa personne. Un désir enfoui au plus profond de son âme, lui rendant insupportable toute inaction. Subir, il ne le voulait plus. Même si pour cela il lui fallait baigner en un milieu loin de ses ambitions premières, encore plus loin de ses convictions ardemment défendues des mois durant. Du moins, en apparences. La morale pouvait s’adapter à tout. Et c’était peut-être la raison pour laquelle le jeune homme avait toujours eu autant de difficultés à nouer des liens durables. Ethan jouait si bien les caméléons, s’adaptait aux situations pour en tirer meilleur parti et n’éprouvait que peu de culpabilité à changer de camp. Croyez-le ou non, c’était toujours et encore au nom de ses convictions. Il croyait seulement moins aux gens qu’aux idées, et s’émouvait moins des morts humaines que de la mort de la liberté. Ethan Marshall était un homme désirant fondamentalement faire le bien, prêt à user de toute la noirceur qu’il portait en lui pour arriver à ses fins. Son ambiguïté pouvait faire l’affaire de plusieurs, comme il arrivait à exercer aussi parfaitement son rôle au sein du gouvernement actuel qu’il l’avait fait comme député du parti travailliste auprès de Stacey.

    Aller au fond des choses ne lui faisait pas peur. Les questions de Stacey, puisqu’il était naturel qu’elle lui en pose en retour, étaient donc loin de le contrarier. Elles le plongeait plutôt en une intense réflexion faites de calculs. Il avait trahi la confiance et l’amitié de la jeune femme, puisqu’à ses yeux comme pour bien d’autres, amitié signifiait dévouement aveugle. Aux siens, il s’agissait aussi d’une faiblesse, comme toutes les formes d’attachement qui faisaient en sorte de mettre de l’avant le désir de préserver une personne ou une relation, bien devant le désir d’influer sur le cours des choses. Il fallait survivre à la guerre pour la gagner. Mourir pour des convictions ? C’était toujours mourir et cela posait un problème inéluctable. « L’opposition n’a plus de poids depuis longtemps, Stacey. » Se contentait-il de répondre. La conjoncture n’était pas nouvelle. Son regard soutenait le sien sans broncher. Il faisait partie de ceux à savoir combien la jeune femme s’était dévouée au parti, mais ces dernières années, celui lui avait semblé devenir de l’acharnement plus qu’autre chose. De la bonne volonté, mise à la mauvaise place. « Je ne prétends pas être en train de changer le monde, si c’est ce que tu te demandes. » Ethan n’était ni dupe ni complaisant. On lui avait accordé des responsabilités pour s’assurer de l’avoir à l’œil, entre autres. Tous les membres du gouvernement ne plaçaient pas en lui une confiance absolue, loin de ça. « Mais c’est du côté du pouvoir qu’il y a de petits changements à faire. Pour les gens dans les banlieues dont personne ne se soucie, par exemple. Le nouvel ordre n’est pas le seul ennemi des Anglais. » Lui s’en était toujours soucié plus que quiconque. C’était un reproche qu’il avait quelquefois adressé à la chef de son parti, à Stacey. La lutte contre le nouvel ordre ? Mais pour qui, au juste ? Car les citoyens des banlieues reculées ne faisaient que crever un peu plus dans l’oubli pendant que les politiciens se faisaient une guerre d’apparences, qui ne changeait rien.

    Ethan soupirait, alors que des collègues passaient dans le couloir et leur adressaient un simple coup d’œil à titre de salutations. Chacun était occupé de ses affaires, trop pour se soucier des autres, mais pas assez pour ne pas se mêler tout de même de ce qui ne les regardaient pas. S’exposer, en ces lieux surtout, en la compagnie de Stacey n’était pas une action dépourvue de risques s’il ne voulait pas attirer des soupçons sur sa personne, bien que les circonstances les aidaient à justifier cette conversation. « Ne restons pas en plein couloir. » Cela traduisait sans nul doute mieux que quelque parole prononcée jusqu’ici l’incertitude qui l’habitait en ces temps troubles. Et cela lui accordait aussi quelques minutes nécessaires, alors qu’il sentait qu’il y avait encore mille et un questionnements que Stacey se retenait sans doute de déverser sur lui.

    Il entamait la marche, elle à ses côtés. La première pièce vide faisait l’affaire et Ethan y soupira à nouveau aussitôt à l’abri des oreilles et des regards indiscrets, laissant choir sur une chaise son sac à bandoulière rempli de sa paperasse habituelle. Le silence, à nouveau. Cela donnait une impression de déjà-vu. « Des dégâts politiques… » Reprenait-il au bout d’un instant de réflexion, faisant écho à ses précédentes paroles. « …Quel genre de décision difficile es-tu prête à prendre ? » Il y avait juste assez de provocation dans ces mots pour rappeler le statut qu’il avait eu auprès d’elle, des années durant comme député farouchement militant ayant souvent reproché à sa chef de ne pas avoir vu, vécu, la même réalité que le peuple. Et juste assez d’intérêt dans son regard pour remettre au gout du jour leur complicité passée. Oh, ils pouvaient aussi s’éterniser dans les remises en question et les reproches sur sa trahison. Ethan savait qu’il avait fait encore bien pire que tout ce qu’elle pouvait bien s’imaginer à cet instant. Stacey pouvait très bien refuser de parler de ses idées et ambitions avec lui, il le comprendrait. Mais ils pouvaient aussi profiter de ces circonstances exceptionnelles pour prendre le pouls de chacun.

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No change, I can't change, I can't change, I can't change. But I'm here in my mold, I am here in my mold. But I'm a million different people from one day to the next.
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Intrigue VII : Ethan & Stacey

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