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Lost in The Echo

Version : Are you Ready for the Storm ?

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Where Do We Go From Here? [Ft Gabriel]

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MessageSujet: Where Do We Go From Here? [Ft Gabriel] Sam 3 Juin - 3:54


We're not who we used to be
We're just two ghosts standing in the place of you and me
Trying to remember how it feels to have a heartbeat


  • Les temps changeaient. Ce genre de phrases, philosophiques et grandiloquentes, ça faisait cool de les jeter dans une conversation. Les temps changeaient. Ah oui, effectivement, le printemps va bientôt nous dire adieu pour l’été.. Mais il faisait bon sous le soleil rare de Londres. Habituée aux fraîcheurs, Leslie n’avait jamais pu réellement savourer, encore, le climat plus chaud venant du sud de l’hémisphère. Enfin bref, de toute façon, ce n’était pas de ça que voulait parler Leslie. Le changement de saison, elle connaissait et elle n’en faisait pas une crise à chaque fois. Pas comme certains mystiques qui s’exclamaient en pleine conversation d’une voix aiguë qu’ils ressentaient nettement l’influence néfaste de Mars en ce mois d’de mai souvent nuageux. Bah non mon coco, tu as juste choppé un rhume. Ce dont elle voulait parler, c’était d’un ressentit beaucoup plus profond qu’un simple changement de lune. Son âme avisée à chopper tout et n’importe quoi dans l’air, en partie pour se la jouer, en partie parce que c’était sa nature, lui disait qu’il se passait… se passait… Quoi ? Rien de bien défini. « Il te manque carrément un boulon » lui aurait dit un collègue à elle. Non mais c’était vrai quoi. Pourquoi tout le monde avait l’air aussi excité ?

    Ses yeux tombèrent mollement sur son agenda. Elle avait dessinée des petites flammes bleues, prêtes à être analysée par Tonton Freud. Sa matinée au boulot venait de finir, et elle avait tout l’après-midi de libre, pour une visite sur terrain. Visite surprise, surtout. Alors voyons, que devait-elle faire par amour de ses protégés? Eloge de la dépression. Chouette. Elle avait vécue avec un parfait exemple pendant des mois. C’est clair que ça méritait un éloge paradoxal. Qu’avait-elle de plus palpitant à faire ? Rédiger un rapport pour quelqu’un d’autre ? Des copier-coller de gommettes multicolores. Quelques textes à lire, un vieux bouquin de Shakespeare caché, seul souvenir d’un passé lointain. Bon, bon, bon. Elle ne pouvait tout de même pas passer l’après-midi à se tourner les pouces, assise sur un banc, à regarder les passants. Avec une bonne boîte de cookies et son agenda à gribouiller. Non, décemment, elle ne pouvait pas.

    Soupir.

    Leslie fourra négligemment son agenda dans le sac en cuir et à franges perlées. Très « squaw ». Quelle classe. Elle se laissa trimballer par le bus jusqu’à l’autre bout de la ville, écrasée contre les parois au début, un coude dans le ventre, des cheveux dans le nez, avant de parvenir à chopper une place assise près des portes. Un mec gêné par la foule de moutons bêlants et stupides ne put descendre à un arrêt, et Leslie aurait voulu immortalisé ses « S’il vous plait ! Les portes ! LES PORTES ! » noyés dans la masse. Puis, une chose androgyne l’occupa dix bonnes minutes. Ça mesurait au moins un mètre soixante-dix-sept, ça portait des cheveux blonds sales en carré ébouriffé, c’était maigre comme une planche à pain et ça avait un sac à main et des baskets. Fille ou garçon ? Fille ou garçon ? Peut-être était-ce un rare cas d’hermaphrodisme affirmé… Sentant sans doute son regard insistant de chouette hulotte, la chose changea de place après lui avoir jeté quelques coups d’œil agacés. Enfin, après que le coléoptère à roues se fut presque vidé et qu’il ne restât dans l’habitacle que trois âmes en peine, dont Leslie, elle descendit. Elle était enfin arrivée à Gospel Oak. Quartier qu’elle devait étudié, se familiarisé avec pour comprendre l’un de ses protégés qui ne cessait de lui apporter malheurs.

    Un checkpoint plus tard, et la voici en plein dedans. C’était ces petites rues vides, qui semblaient sortir d’un autre temps. Un quartier qui faisait années cinquante ou soixante. Des maisons et des immeubles caractéristiques. On était loin de la foule qui arpentait énergiquement l’axe principal de la ville, comme une rivière grouillante d’insectes armés de flashs. Ici, c’était un tantinet désert, un peu pittoresque, le genre de recoin que le guide avisé finit par dénicher pour ses clients ? Non, plutôt le genre de recoin qu’un guide touristique évitait pour ne pas finir dépouiller de tout, même de sous-vêtements. Leslie avait appris à ne pas juger sur les apparences. Elle avait appris aussi à ne pas croire tout ce qui se reliait dans les médias. Néanmoins, en avançant dans ce quartier, elle aurait voulu n’avoir jamais appris ceci. Gospel Oak avait des allures de quartier malveillant, avec des habitants malveillants. Elle ne passait pas inaperçue ici. Et son cœur s’emballait sous la crainte de se faire prendre par quelqu’un de pas net. Car plus elle avançait, plus elle s’approchait de l’adresse ou habitait Ethan…mais plus elle entendait des pas bien présents qui la suivait. Merdouille, Leslie, tu n’aurais jamais du venir ici seule. Tu n’es pas wonder woman.

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MessageSujet: Re: Where Do We Go From Here? [Ft Gabriel] Dim 11 Juin - 22:56

« …Merci. » C’était de la connerie, il aurait pu payer cette assiette. Pourtant, Gabriel s’était résolu à cesser d’argumenter avec la patronne du minuscule restaurant où il avait pensé trouver refuge, un temps. Croyez-moi, ce mode de vie avait tout pour plaire au jeune homme. Bien des tracas qu’il avait trimballé toute sa vie s’étaient envolés, d’un coup. La meilleure amélioration était qu’il n’était plus seul. Il y avait des gens en qui il pouvait avoir confiance en toute occasion, ou presque. Le lien qui l’unissait à présent à sa famille était indescriptible, encore un peu mystique à ses yeux. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il y adhérait absolument. Et cette liberté lui accordait une confiance, laquelle lui permettait de désirer absolument des choses et de se les accorder. Un peu comme sa relation avec Lincoln, laquelle avait pris en importance ces derniers mois. Il voulait que les choses soient ainsi, et il se gênait de moins en moins pour le manifester. Il y avait encore bien des zones d’ombre, mais dans l’ensemble, Gabriel n’était plus celui qui subissait les choses. Il faisait partie de ceux qui en décidaient. Ce pourquoi cela lui faisait tout drôle, qu’on lui offre le repas. L’influence exercée par le clan Moretti à Gospel Oak semblait s’être raffermie ces derniers temps, alors que le quartier était de plus en plus mal fréquenté. Nul ne souhaitait être dans la mire du clan mafieux ou de ses collaborateurs, ce pourquoi sans doute cette femme avait cru bon de ne pas lui demander de payer pour ce qu’il avait commandé.

Même s’il venait de terminer de manger, Gabriel s’attardait quelques instants dans le bistro aux couleurs dépareillées. Même si la solitude ne lui manquait pas, il arrivait quelques fois qu’il ait cette envie de prendre une « pause » des affaires pour se la jouer à nouveau l’âme solitaire qui errait sans but. Surtout, sans les collègues qui avaient toujours des conversations trop animées lors des repas. Il observait les rares passants au travers de la grande vitrine près de laquelle il était assis. De jour, le quartier avait bien souvent l’air presque désert tant il était évité. De nuit, c’était une toute autre affaire, mais il était encore plus déconseillé d’y mettre les pieds sans avoir une bonne raison de le faire, et surtout une couverture bien crédible. Il y avait en effet ces groupes armés de plus en plus nombreux, semblait-il, qui rôdaient. Certains d’entre eux pour faire des affaires, d’ailleurs. Comme en d’autres quartiers où Gabriel bossait, la surveillance était de plus en plus accrue. Du trafic d’armes, d’accord. À condition de savoir exactement qui se procurait quoi et pour le compte de qui. Gabriel sortait son téléphone portable de sa poche, songeait à envoyer un texto qui n’avait tout à fait rien de professionnel. Juste parce qu’il n’avait pas envie d’être seul, ce soir. Mais alors qu’il pianotait quelques mots, il crut voir une silhouette qui lui était familière à un coin de rue, en diagonal. Le jeune homme se figeait dans une pure stupéfaction.

Il y avait des gens particulièrement doués pour les problèmes. Leslie Grant n’en faisait généralement pas partie, elle qui se dédiait plutôt à résoudre ceux des autres. C’était ce qui rendait encore plus équivoque sa présence aux yeux de Gabriel. Ce n’était plus de ses affaires depuis le jour où il avait décidé qu’il n’offrirait pas la vérité, toute la vérité, à son ancienne amie. Ou plutôt, depuis le jour où il l’avait laissée en plan, quittant leur ancien appartement et sa vie tout court sans un mot. Gabriel soupirait. Lui revenait en mémoire leur dernière rencontre, il y avait des mois de cela, à Trafalgar Square. Le plus ironique était qu’il était probablement bien plus près de l’homme qu’elle avait connu à leur arrivée à Londres que ce qu’il avait été ce jour-là. Sauf qu’il n’était pas dupe. Il n’avait pas sauvé leur amitié, les dernières cendres de celle-ci s'étaient depuis longtemps envolées. Gabriel et Leslie appartenaient à deux mondes qui étaient diamétralement opposés, purement irréconciliables.

C'était la curiosité qui prenait toutefois le dessus. Où pouvait-elle bien aller ? Et Gabriel était doué pour trouver pile ce genre d'information en suivant les gens. Il l'avait fait si longtemps. Sans doute avait-il quelque peu perdu la main, car à peine quelques coins de rue que déjà, la jeune femme jetait un coup d'oeil par-dessus son épaule. Merde, c'était con. L'image de ses collègues lui venait en tête, et la rigolade qu'ils se feraient s'ils le voyaient ainsi sur les traces d'une jeune femme tout droit sortie d'un temps où il n'appartenait pas encore au monde qui était maintenant le sien. C'était risible, oui. Mais Leslie avait été son unique famille, fut un temps. Une amie précieuse, la seule, presque une soeur. Gabriel avait toujours conservé cette fascination pour cette époque de sa vie. Pendant quelques temps ayant suivi son dernier face à face avec Leslie, il avait même eu la curiosité de rôder dans le quartier de leur ancien appartement, où elle habitait toujours. Pas dans l'espoir de renouer, mais simplement pour savoir qu'elle s'en tirait bien, dans tout le merdier qu'était devenu ce monde. On aurait dit que cela était il y avait tout un siècle, mais pourtant il était bien en train de la suivre et pire, en train de se faire surprendre à le faire.

« Ça aurait pu être bien pire que moi. » se décidait-il à dire à voix haute, suffisamment pour briser l'incertitude. Il se dévoilait, en avançant plus rapidement pour en arriver à sa hauteur. C'était un malaise qui le gagnait, alors que leurs regards se croisaient. Il ne voulait pas voir Leslie ici, elle n'appartenait pas à ce genre d'endroit beaucoup trop incertain pour elle. Même s'il ne lui appartenait pas de lui dire quoi faire. « Qu'est-ce que tu fabriques dans un quartier aussi pourri ? » Of course, ça aurait dû être d'autres mots. Des mots plus délicats, pour faire introduction. Sauf que c'était ce genre de mots que Gabriel disait au naturel, il n'avait pas à se poser de questions le reste du temps. Les gens qu'il côtoyait ne s'offusquaient pas du manque de tact ou des confrontations directes, c'était tout simplement...ainsi. Étrangement, Leslie lui faisait penser à sa mère. Sa mère, qui n'avait jamais rien compris à son père et il savait aujourd'hui qu'elle avait simplement refuser d'y comprendre quoi que ce soit. Car l'homme qu'il avait découvert n'était pas mauvais. Il était simplement ce qu'il était, et ce n'était pas ce qu'elle aurait voulu.


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MessageSujet: Re: Where Do We Go From Here? [Ft Gabriel] Jeu 17 Aoû - 15:59

  • Le courage peut s’avérer être une chose bien idiote en certaines circonstances. C’était le cas ici, pour Leslie. Elle aurait dû attendre le lendemain et y aller avec un collègue, plus grand et plus imposant qu’elle. Et encore, qui sait si ça aurait été suffisant pour être tranquille dans ce quartier. Ce qui est idiot aussi, c’est d’être tellement engagée dans son boulot, qu’on en oublie les risques encourus dans sa réalisation. Accélérant la cadence et le cœur menaçant de bondir pour fuir plus vite que ses pas. Leslie n’avait pas l’impression que les pas s’éloignaient pour autant. Et le pire là-dedans, c’’est que les rues n’étaient pas vraiment désertes. Y’avait des gens. Des gens pas net. Alors au final, ça ne changeait pas grand-chose à l’état d’alerte dans lequel elle se trouvait. Pauvre d’elle, elle venait même de dépasser la porte de l’immeuble ou habitait le jeune Ethan. Un temps d’hésitation qui fit en sorte que ses pieds durent freiner à un moment donné. La seconde de trop. « Ça aurait pu être bien pire que moi. » Leslie mit quelques secondes à comprendre que cette phrase lui était adressé. Dans une bande dessinée, on aurait mis un petit éclat de surprise significatif près de sa tempe droite pour indiquer que le fil de ses pensées venait d’exploser. Ses yeux grands d’étonnement se braquèrent sur son voisin, à sa gauche, laissant à l’aiguille du temps un peu de marge pour filer. Enfin, après avoir bien enregistré que cette phrase lui était bel et bien destinée, la jeune femme pivota d’un quart pour s’ouvrir à son nouvel interlocuteur. C’était bien évidemment l’homme aux pas qui ont failli lui arracher la vie, ce type qu’à l’instant même elle avait déclaré plus redoutable que le quartier en lui-même.

    « C’est…toi ? » répondit-elle, plus pour se donner les moyens de le dévisager que pour la courtoisie. C’était clair.

    Oh, Seigneur. Quelle dégaine. Un type aux traits avantageux, avec des bras où toutes les filles rêvent de se blottir. Une tronche de prince charmant en mode badboy, barbichette et godasses à la mode en plus. Un bellâtre, peut-être ? Ou un dealer ? Un junkie en soif de connaissances, ou qui s’était paumé. Un étudiant, en somme. Un employé. Comme elle. Non, Leslie. C’était seulement Gabriel Rathbone. Des iris neutres, avenantes, qui attendaient. Hm. Leslie était prise au dépourvue. À la fois choquée et rassurée. Étourdie et reconnaissante. Craintive et confiante. C’était bien Gabriel, ce vieil ami, devenu inconnu. Elle se souvient encore vivement de leur dernière rencontre, synonyme de retrouvaille sans lendemain. Contente de le voir, mais, toujours cette déception dans le regard lorsqu’elle digère à présent son identité, et calme les battements de son cœur. Leslie aspirait désormais à respirer de l’air frais, fort de sa composition en azote, oxygène et autres multiples machins dont elle s’en fichait éperdument, forte de son intellect littéraire. Non pas que ce qu’elle respirait concrètement auparavant dans sa course folle sentait le renfermé, mais cette scène avait mis à bout ses nerfs. Trop d’émotions en un court laps de temps, émotions qui s’étaient prises pour des avalanches sous son crâne, ou pour des raz-de-marée dans sa gorge. Comme un violon dont on avait trop usé les cordes, ses nerfs étaient à vif, électriques. Une sensation relativement étrange pour une personnalité aussi calme que celle de Leslie qui déjà haute comme trois pommes, se contentait de bailler placidement quand les autres sautaient dans tous les sens.

    « Je travaille ! » L’inconscient de la jeune femme ne put s’empêcher de se sentir vaguement agressé et répondit par un menton légèrement levé vers le haut, apologie de la méfiance contenue. Ou de l’attention prudente. Une révélation de dernière minute ? Un commentaire sur son comportement accusateur ? « Et je vais bien, merci de le demander » Ajoutait-elle, avec circonspection. Les épaules de Leslie se détendirent tandis que sa méfiance faisait place à une curiosité certaine. Et un soupire. « Tu les aimes, ces quartiers pourris ? » Bon. Un effort, un effort. Qu’est ce qui pouvait sortir de sa bouche, là, si elle mettait sa conscience de côté deux minutes ? « Je suis contente de te voir, à dire vrai. » Et voilà. Triomphe. Elle avait réussi, et s’étonna. Elle se sentit mal à l’aise et préféra changer de sujet. Trop de spontanéité tuait la spontanéité. A la place, elle commenta en portant son regard autour d’elle : « Surtout que ce quartier est un peu vieillot et poussiéreux. Personne n’a envie d’y passer un moment, il n’est pas attrayant. Ça manque de vie… » Bof. Guère mieux. On aurait dit une gamine qui s’ennuyait lors d’une visite familiale forcée et ne rêvait que de retourner à ses jeux vidéo. T'es déconnectée, ma poule.

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MessageSujet: Re: Where Do We Go From Here? [Ft Gabriel] Jeu 31 Aoû - 18:50

Gabriel n’avait plus besoin de se justifier. Les gens qui l’entouraient le connaissaient suffisamment bien pour ne plus exiger de lui qu’il soit autrement que ce qu’il était. De toute façon, pour la première fois il pouvait « être » sans correspondre à des attentes extérieures. Cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas un job à faire et à bien faire, mais il respirait pour lui-même, décidait des choses de son propre chef, avait le droit de refuser ou d’engueuler ceux qui se tenaient désormais dans la posture qui avait si longtemps été la sienne depuis son plus jeune âge. Mais à vrai dire, l’aspirant mafieux Rathbone/Moretti ne cherchait pas à imposer sa loi outre mesure. Il y avait des façons de faire, des deadlines à respecter, des comptes à rendre et il veillait à ce que tout soit bien en ordre. L’image de la brute, de l’homme de mains, du mec qui voulait briser des gueules et des os ou emmerder pour le plaisir d’asseoir un pouvoir dont il jouissait pour la première fois relevait plutôt du mythe. Gabriel était surtout las d’errer en ces quartiers et d’y trouver chaque jour différents problèmes à résoudre. C’était presque le petit train-train quotidien dont on parlait régulièrement dans les rues de Londres où s’enchainaient des travailleurs par millier, à l’exception que lorsque l’on faisait partie du clan Moretti, rien n’était vraiment si ordinaire.

C’était probablement aussi ce qui expliquait qu’il sourcillait face à l’exclamation de la jeune femme. « C’est toi ? » C’était bien lui, et pour autant cela le rendait presque mal à l’aise. Il avait l’impression de percevoir une forme subtile de reproche dans cette formulation, à moins que ce ne soit seulement les relents de leurs retrouvailles passées qui ne s’étaient pas vraiment déroulées comme quiconque l’aurait voulu. Il était utile de se demander ce qu’il, ou elle, pouvait bien attendre d’une conversation hasardeuse comme celle qui s’était amorcée depuis quelques minutes. Il avait déjà été prouvé à plus d’une reprise qu’il n’y avait plus d’harmonie possible entre les deux ex meilleurs amis. Gabriel était différent. Sans doute n’avait-il jamais vraiment été autrement que ce qu’il était à ce jour, mais Leslie avait espéré qu’il le soit. C’était ainsi que Gabriel avait catégorisé les choses et l’échec de l’une des rares amitiés qui avait importé dans sa vie. Une d’ailleurs qui le rattachait à un temps révolu avant qu’il ne vienne à Londres pour y trouver emmerdes à la tonne, puis rédemption. Si vous me demandiez, je dirais que Gabriel avait tort et oubliait de considérer plus important encore que les postures fâcheuses que Leslie avait certes pu critiquées, mais qui n’avaient probablement pas été la cause de ce fossé sans fond qui s’était créé entre eux. Gabriel s’était tant conforté dans l’idée qu’elle n’accepterait jamais ce qu’il était, ce qu’il faisait ou même ce qu’il pouvait désirer à présent, qu’il pensait fermement qu'il ne servait à rien de tenter de réparer quoi que ce soit.

Le jeune homme n’avait pas le temps de se poser plus de questions que son ancienne amie se perdait déjà dans quelques commentaires éparpillés. Commentaires, questions, affirmations. Le regard de Gabriel s’attardait sur les traits du visage de Leslie qui lui semblaient varier d'une seconde à la suivante. Peur, contrariété, malaise, curiosité, soulagement, étonnement. « … On dirait toi, qui s’apprêtes à décorer un vieil appart’ pourri. » Finissait-il par dire, avant de ne se laisser secouer d’un bref éclat de rire. Ses yeux clairs se posaient à nouveau sur le visage de la jeune femme. Pendant un temps, ce fut de la légèreté... Avant de ne reprendre une expression qui trahissait le sérieux de sa position et l'expérience qu'il avait de ces dits quartiers où il valait mieux ne pas trainer et se croire à l'abri de tout danger. Il y avait mille et une façons de rencontrer les problèmes. « Personne ne trainant dans le coin ne peut être de bonnes nouvelles. C’est pas que je les aime, mais comme toi je bosse. » Il faisait allusion à ce travail qu’elle était apparemment en train de faire. Sans doute une rencontre, Gabriel n’avait pas oublié en quoi consistait son boulot. Aider les gens, paraît-il. Comme si les gens méritaient d’être aidés. Criminels, junkies, résistants armés. Elle ne trouverait pas bien mieux dans le coin. Et il valait mieux laisser chacun de ces groupes à leurs business sans s'en mêler.

Il n'y avait pas vraiment de place pour une trop grande familiarité. Trop de temps les avait séparés, trop d'incompréhension demeurait toujours entre eux. Pourtant, Gabriel n'avait pas envie de se montrer désagréable. Il était là. Elle était là, et il savait qu'il valait mieux ne pas la laisser se balader seule trop longtemps dans les environs. Son quartier. Il était au fait de quelques transactions importantes qui devaient avoir lieu plus tard dans la journée et si Leslie s'aventurait auprès des gens concernés, elle risquait fort bien de trouver encore plus d'emmerdes qu'elle était même capable de se l'imaginer. Ce n'était pas une plaisanterie, elle avait très mal choisi son moment. Londres n'était plus cette ville ouverte, accueillante, où touristes comme citoyens pouvaient se balader en toute quiétude. Tout était contrôlé. C'était ou les flics ou la mafia. « Comment vas-tu, réellement ? » On répondait « oui » ou « bien » par habitude, mais cela ne voulait plus rien dire.

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