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Nouvelle MàJ: 28/04/17
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3eme saison : Take the power back 28/04/2017
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Lost in The Echo

Saison III : Take The Power Back

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White Shadows - Cole

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MessageSujet: White Shadows - Cole Dim 30 Avr - 19:27


Every step that you take
Could be your biggest mistake
It could bend or it could break
That's the risk that you take

    Le soleil avait beau avoir pointé son nez en cette journée printanière. Il régnait un climat glacial dans le bureau qu’occupait désormais Blythe, au sein du département de la Justice, directement relié au Ministère de la justice. Celui-là pour lequel elle travaille comme sous-secrétait d’Etat. Climat glacial, car les dossiers qu’elle épluchait n’avaient rien d’enthousiasmant. Si Cole a tenu ses promesses, il semble que son cadeau n’est plus ni moins, qu’empoisonné. Avoir un poste de pouvoir, ne vous donnait pas forcément du pouvoir. Blythe pouvait parler, elle pouvait négocier certaines choses, proposer des changements…Mais, la décision ne lui revenait jamais. Et alors même qu’elle peut se rassurer d’avoir la complicité de Wesley Mountbatten, il lui semblait évident que ce dernier ne pourrait jamais accepter toutes ses suggestions et autres solutions pour les pacifistes. Car Blythe n’est pas ici pour le pouvoir, ou par amour du nouvel ordre. Elle s’est infiltrée au sein de ce gouvernement, elle s’est battue pour avoir cette place et la parole de Cole…uniquement pour pouvoir défendre les droits de ceux en qui elle croit : les pacifistes. Ses droits qui sont bafoués et méprisés ces dernières semaines. Toute la politique des check points l’a met extrêmement mal à l’aise. Ce sera quoi dans trois mois ? Dans un an ? Un an…survivront-il d’ailleurs aussi longtemps ?

    Perdue dans ses pensées, la jeune femme fut extirpée de ses questionnements face à un message sur son téléphone. Le Premier Ministre en personne lui envoyait des textos…Drôle de premier ministre, dirons certains. Sauf que pour elle, il s’agissait de son ex-mari. De l’homme qu’elle avait aimé d’une certaine façon, mais qu’elle avait fini par craindre. L’homme dont elle s’est méfié et qu’elle a dédaigné, mais celui qui l’avait toujours épargné, protégé malgré ses luttes et autres affaires contre le nouvel ordre, du temps ou elle était avocate. Le symbole même du nouvel ordre, celui qui lui avait tendu la main, pour une alliance, un partenariat qui lui donnerait la possibilité de défendre ceux qu’elle aime. Tout a réussi, mais le résultat n’est vraiment pas celui qu’elle espérait. Blythe soupire en lisant le message de Cole. Il voulait la voir, de toute urgence. Ce qui voulait dire, tout de suite. Elle refermait sa pile de dossier, refermait son bureau et laissa un mot pour sa secrétaire. Ses rendez-vous seront retardés, visiblement. Direction le parlement. Là ou la recevait souvent Cole. Jamais dans son bureau. Jamais chez lui. Toujours dans ce parlement, à présent presque vide. Pas en nombre de personnes, mais vide car il n’y avait plus de débat ici. Cet endroit, n’est plus que fantômes et faux semblants. On prenait encore les gens pour des cons, leur faisant croire qu’il existait encore une démocratie.

    D’un pas lent, mais décisif, elle avançait dans les couloirs. Son regard à l’affut, à la recherche de tout et de rien. Parce qu’il n y avait pas besoin de chercher Cole, elle savait précisément ou le retrouver. Toujours devant le porte d’un bureau, devenu le sien en ses lieux. Discutant, avec d’anciens opposants à la politique du nouvel ordre. Ils étaient de plus en plus nombreux devant ce bureau, faisant allégeance au jeune Premier Ministre. Blythe pouvait comprendre qu’on puisse être séduit par l’aura et le charisme de Cole, sans distinction de sexe. Mais de là à tomber pour son esprit, c’était une autre histoire, si différente. Elle n’avait pas envie de juger chez personnes. Elle se doutait qu’ils devaient dire la même chose d’elle. Une ancienne pro-art, vendue. L’ex femme qui rejoint les rangs. Faux. Pourrait-elle leur hurler. Mais personne ne veut la croire. Même elle ne sait plus que croire, se sentant impuissante malgré sa position.

    « Monsieur le Premier Ministre ? Vous vouliez me voir ? »

    Protocole obligé. Blythe s’y soumettait en s’immobilisant devant ce groupe d’individus, si charmé par le dit Premier Ministre. Il ne l’a jamais fait attendre. Il finit toujours par couper court à ses discussions lorsqu’elle apparait. Comme si…ce qu’il devait ou pouvait lui dire, s’avérer être plus important que ses parties d’échec sur terrain réel. Sans un mot de plus, elle le suivit jusqu’au bureau. La porte se refermant systématiquement suite à son entrée. Et sans attendre encore une seconde, elle demande avec lassitude.

    « Je te rappelle que j’ai une tonne de boulot, et tes textos se font un peu trop fréquents ces temps-ci…Quelle est cette urgence, cette fois ? »

    Plus de protocole, le ton change. Elle parle à l’ex mari, ou au premier Ministre ? Y-a-t-il vraiment une différence lorsqu’ils se retrouvent, seuls, en face à face ?

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MessageSujet: Re: White Shadows - Cole Mar 2 Mai - 16:11

    Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des Etats, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le bar, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui. Pourtant, le nouvel ordre n'a pas connu d'échecs. Il n'a pas non plus connu de révolution assez féroce pour reculer. Au contraire, le nouvel ordre n'a cessé de se déployer, de grandir. Et s'il y a révolution, elle ne peut venir que de lui, pour le faire glorifier, pour lui donner de nouveaux visages. Plus jeunes, plus directs, plus déterminés. N'est-ce pas ce qu'on fait Cole et ses partenaires ? Le coup d'Etat était une révolution. Les mêmes principes, les mêmes lois, mais d'autres décideurs. Bien placés pour pouvoir décider de ce qui pouvait s'avérer être le mieux, pour des adversaires nés d'une même et seule génération qu'eux. S’il y a six ans, on lui avait posé la question, Cole aurait pu avouer s’être imaginé, à maintes reprises, à la position qu’il tenait désormais. Celle d’un chef d’Etat, non élu par le peuple. Mais propulsé par ceux qui sont les plus qualifiés pour juger et donc, choisir. Ce n’est pas un succès, mais une revanche. Une revanche face à son passé, face à tout ce qu’il avait pu subir comme injustice en n’étant qu’innocence. L’innocence n’est plus. Il n y a plus que l’homme, fier et audacieux, fort et intransigeant.

    De plus, Cole n’est pas un leader qui ignore ceux qui se révoltent contre sa propre révolte. C’était bien pour cette raison qu’il rôdait au parlement, à la recherche de quelques miettes de l’opposition. Pour les exploiter, les rallier et les utiliser afin de faire taire les mécontents. C’est aussi, pour la même raison qu’il avait glissé un texto à Blythe. Comment nommer cette femme ? Ex-femme, partenaire, collègue, adversaire idéologique…Blythe est tout ceci et bien davantage. Il ne niera jamais son aide pour le coup d’Etat. Il ne niera pas non plus le fait qu’il l’a préféré prés de lui, que loin, là ou il ne sait ce qu’elle pourrait manigancer. Blythe n’a jamais été une faiblesse à ses yeux. Contrairement à Alys, qui alimentait toujours autant de regret de colère en lui. La mort de cette amie d’enfance, amante, partenaire de choix, ne cessera jamais de le hanter. Ne cessera jamais de nourrir sa haine pour les groupes armés. Blythe, était une arme. Du moins, dans les jeux politiques, c’est ainsi qu’il la voyait. Une arme redoutable, qu’il arrivait à diriger et bien mener jusqu’ici. Et c’est un peu dans cette logique qu’il l’avait convoqué, exigeant d’elle qu’elle le rejoigne sans trop tarder.

    Et c’est avant même qu’elle ne l’interpelle, qu’il comprit qu’elle était là. Aucune magie, ni aucun espionnage là-dedans. C’est à ses pas qu’il l’a reconnut. Il est vrai que leur mariage ait été un échec, il est aussi vrai qu’ils n’ont jamais pu être proches au sens propres du terme. Néanmoins, il en sait beaucoup sur cette femme qu’il a vue évolué, de la fille à papa, à la femme pleine de convictions qui n’a jamais eu peur de se mettre en danger. Blythe est indispensable dans ce gouvernement. Avant de ne se tourner vers elle, il adresse quelques derniers mots aux hommes l’entourant. « Messieurs, je vous prie de m’excuser. Je suis certain que nous aurons l’occasion de poursuivre cette conversation, prochainement ». Il est aussi vrai, il ne la faisait jamais attendre. Car ce qu’il pouvait lui demander, est plus important que le reste. Surtout en ce moment. Il l’invite à entrer dans un bureau qu’il a fait sien en ses bâtiments. Sans aucune surprise, la jeune femme montait déjà sur ses grands chevaux alors que la porte venait tout juste de se refermer. Avec un sourire mutin, il prit place sur le large siège, invitant Blythe à en faire de même d’un geste de la main. « Navré de perturber tes responsabilités. Mais sache que c’est réellement une urgence, et tu me sembles la mieux placée pour la gérer… » Laissons quelques secondes planer, le temps que la jeune femme pose son postérieur sur ce siège, à présent qu’il avait son attention, il reprit sur un ton clair et direct. « Le projet des résidences sur l’ancien quartier de Camden Town fait du bruit, dans les quartiers à majorité pacifistes…Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il y a un autre projet, de résidences dont ils pourront bénéficier, à Canterbury et Dover » Toutes deux, villes éloignées de la capitale. Car le but étant de les éloigner de Londres. « Je veux que tu te déplaces dans les quartiers et que tu leur expliques qu’ils seront relogés, aussi…Et que le terrain de Camden Town est propriété de l’Etat, et on en fait absolument ce qu'on veut. »


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MessageSujet: Re: White Shadows - Cole Sam 20 Mai - 14:48

Si beaucoup se demandent ce que peut bien faire Blythe au sein de ce gouvernement. Il faut savoir que Blythe elle-même s’est déjà posée cette question, et continue à se la poser aujourd’hui encore. Elle n’est pas dupe. La jeune femme savait dés le départ que Cole l’utiliserait d’une façon ou d’une autre. Elle a accepté ce fait intérieurement, car elle se disait que, elle aussi, pouvait utiliser Cole. Ce partenariat était du donnant-donnant. C’est ce qui avait conclut lorsque Cole avait fait appel à elle, au monument, pour lui expliquer ce qu’il comptait faire, son coup d’Etat, sa petite stratégie…et quel rôle elle pourrait avoir auprès de lui. La jeune femme s’était toujours demandée si Cole espérait d’elle, qu’elle devienne comme Alys. Car elle connaissait l’histoire de Cole et de cette femme. Elle a même été témoin de leur complicité inégalable alors qu’elle était sa femme. Blythe a également vu la souffrance de Cole à la mort d’Alys, tué par des résistants armés. La haine que nourrit Cole envers les groupes armés est une aubaine pour Blythe. Elle n’aurait jamais pensé pouvoir exploiter la souffrance d’autrui pour arriver à ses propres fins. Et pourtant, c’est ce qu’elle faisait. Détourner toute l’attention du premier ministre des pacifiques, et faire en sorte qu’il concentre tous ses efforts sur la résistance armée. Malgré cela, des décisions ici et là continuaient à venir bouleverser la vie des pacifiques. Les checkpoints, bien qu’elle puisse comprendre qu’ils contribuent à freiner la résistance armée. Elle ne peut que constater qu’ils pourrissent tout autant la vie des autres citoyens. Et cette nouvelle, de logements luxueux sur le terrain de Camden Town…c’était une provocation en trop ! Mais alors qu’elle pensait que ça ne pouvait aller plus loin, voilà que Cole lui soumet une bien dérangeante annonce qui lui fait froncer les sourcils, avant qu’elle n’explose avec indignation, et dans une incompréhension totale !

« QUOI !? »

Son ton venait de prendre des proportions que ces murs ne pouvaient diminuer. Elle bondissait quasiment de sa chaise. Blythe comprenait que ça faisait partie du jeu qu’elle aille calmer la résistance pacifique sur certains points du gouvernement. Seulement, elle était loin d’imaginer que ce foutu gouvernement chercherait à faire fuir toute une partie des londoniens. Car il s’agissait de cela. Les reloger, mais le faire en dehors de Londres. Elle n’arrivait pas à le croire !

« Que vous faites ce que vous désirez de Camden Town, je présume que je ne peux l’empêcher. Mais que tu me demandes d’aller annoncer à ces gens que nous allons leur donner des logements à Conterbury et Dover ? » Elle hoche la tête et lève les yeux au ciel, stupéfaite et exaspérée. « Que je leur annonce que vous ne voulez plus d’eux à Londres !? Car je ne vois pas ce que cela veut dire d’autre. Dois-je te rappeler que la majorité de ces personnes ont toujours vécu ici ? Ils travaillent ici, ils ont construit leur vie à Londres ! »

Elle souffle un bon coup. Essayant de reprendre son calme tant bien que mal. Foudroyant son ex-mari du regard. Comment peut-il seulement croire une seule seconde qu’elle accepterait de faire ce qu’il demandait. Qu’elle approuverait ce projet. Pensait-il vraiment qu’elle abdiquerait aussi facilement ? Blythe pensait que Cole la connaissait bien mieux que cela. Visiblement, elle s’était trompée.

« Je refuse. Je refuse d’être complice d’une telle injustice ! »

Etait-ce sa démission qu’il cherchait à provoquer ? Blythe ne comprenait pas ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Elle n’avait jamais signé pour être une marionnette.

« As-tu seulement mis une seule fois les pieds dans ses quartiers que vous avez coupé du monde ? Non. Eh bien, il est peut-être venu le temps pour toi de le faire, et de leur annoncer toi-même votre si généreux projet ! »

Quitte à te prendre une balle en pleine tête. Vu qu’ils tiennent manifestement à ce que les pacifistes suivent le mouvement des groupes armés et deviennent des loups sanguinaires ne jurant que par le sang. C’est exactement ce qui finira par arriver, si le gouvernement n’arrête pas ses discriminations interminables envers tous ceux qui ne se prosternaient pas devant eux.

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MessageSujet: Re: White Shadows - Cole Sam 3 Juin - 2:59

    Si exister, c’est être en vie, être en vie ce n’est qu’un jeu en perpétuel recommencement. Un jeu où l’on peut gagner, mais où l’on peut perdre énormément également. Un jeu qui dépend simplement du hasard, et d’une part de notre implication personnelle aussi. Un jeu qui, comme tant d’autres, échappe bien souvent à toute logique, sans échapper à de quelconques probabilités néanmoins. Ici, il n’est pas question de calculs statistiques pour savoir si la pièce que vous laissez va retomber sur pile ou sur face et, ce, en fonction du nombre de fois où l’un des deux côtés est déjà sorti, au même titre que la probabilité de base que le côté face sera généralement celui qui sortira le plus souvent. Non, le calcul qui s’opère est plus social, plus humain et plus personnel en même temps. Les nombres se remplaceront par des situations. Un bonjour à celui-ci + ignorance de ce dernier = une évolution particulière pour ses deux relations qui se répercuteront d’une manière ou d’une autre sur des personnes supplémentaires de notre entourage. Ce ne sont pas des chiffres mais des pensées et des faits que nous additionnons, essayant bien évidemment de pouvoir fixer un premier résultat qui, selon ses chances de réussites, nous voudrons infirmer ou confirmer en se risquant à l’expérience. Echappant ainsi à toute base solide, il sera bien difficile, voire impossible de pouvoir déterminer une chance plus importante de gagner, ou de perdre. Car, qu’est l’inconnu dans ce calcul, dans cette opération ? L’imprévisibilité des autres, et de leurs réactions se manifestant en fonction de vos choix. Ce facteur, s’il n’est jamais à oublier, s’il est le premier à prendre en considération dans ce raisonnement, ne nous permettra jamais de poser un rythme régulier entre la « victoire » et la « défaite ». Même en voulant se montrer optimiste, et en se réconfortant par cette logique naturelle quelque part, ce n’est pas parce qu’une personne « perd » dans chaque épreuve de sa vie, pendant une dizaine d’années par exemple, que la décennie suivante lui sera plus souriante et ne lui amènera que des succès.

    C’est même l’expérience vécue par Cole. Il n’était rien il y a de cela quelques années. Aujourd’hui, il est tant de choses et tant d’actes. La roue a tourné pour lui, sa vengeance sur le passé se dessine de plus en plus clairement. Néanmoins, il n’a la garantie de strictement rien dans ce monde où chacun peut tomber, faillir, voire même mourir du jour au lendemain sans même s’y être préparé. Humainement, il est difficile de savoir quel Cole a été le plus humain. Le gosse martyrisé, l’adolescent baratineur, ou l’adulte destructeur ? Peut-être chacun d’eux l’a été et continue à l’être d’une façon totalement différente. La jeune femme en face de lui était bien placée pour le savoir. Bien qu’elle continue, et continuera sans doute toujours, de juger ses actes et décisions comme plus infâmes les unes que les autres. Blythe est supposée réagir ainsi. Cole n’en attendait pas moins de la jeune femme. Ce qu’il lui faut à présent, c’est de retourner la situation à son avantage. Et pour cela, il y avait une technique bien simple à mettre en pratique. Céder la parole à l’autre. Ecouter ces alternatives, s’ils en existent. Lui tendre l’oreille. Tenter de trouver un compromis. Mais au final, toujours avoir le dernier mot.

    « Te connaissant, je savais bien que ce ne serait pas si simple » De te convaincre ? De te voir exécuter sans piquer ta petite crise ? C’était ça et bien d’autres mots non prononcés. Ce qui était presque fascinant dans cet instant, c’est le contraste flagrant entre la réaction impulsive et outrée de Blythe. Et le calme, quasi intrigant et même dérangeant de Cole. Hormis son regard qui avait suivi avec attention la réaction de la jeune femme, rien n’avait bougé d’un millimètre chez lui. Ses doigts posés délicatement sur le bord de son bureau, firent un léger mouvement de tapotement alors qu’il reprenait la parole. « C’est pour cette raison que je tenais à te voir en personne, et en discuter avec toi. » Blythe avait son importance. Avoir une sympathisante invétérée pour les résistants pacifistes n’est en rien une faiblesse, mais un atout considérable pour le gouvernement. Blythe était aussi, importante. En tant que personne, en tant que femme, en tant qu’ex femme. Si ces deux là ne se sont jamais aimés comme il se devait. Aucun des deux ne pourra nier avoir partagé quelque chose de singulier durant les deux années ou ils étaient mariés. Blythe connait des choses sur le compte de Cole. Et l’inverse tient tout autant la route. « Les reloger à Camden Town est impossible. La position du quartier ne le permet pas, ils seront cernés par des pro nouvel ordre de toute part…La passage aux checkpoints ne sera que plus problématique pour eux... » Quelques petites fractions de secondes de silence, pour ajouter. « Londres n’est plus ce qu’elle était. Tu le sais, je le sais…Tout le monde le sait. Je ne dis pas qu’ils n’ont plus leur place ici, je dis seulement que leur aise sera difficilement retrouvée dans les circonstances actuelles. »

    Se redressant de son siège pour poser ses bras sur son bureau et faire mieux face à Blythe. Cole ne faisait pas barrages aux éventuelles suggestions de la jeune femme. Au contraire, il mettait à disposition son argumentaire d’avance, il lui laissait la main. « Cependant, je suis prêt à écouter tes propositions. Et si l’une d’elles me convainc, crois-moi…je me déplacerai avec toi au sein des quartiers. »

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MessageSujet: Re: White Shadows - Cole Hier à 2:45


  • Convaincre Cole O’briain ? N’est-ce pas un peu l’histoire de sa vie depuis qu’ils s’étaient mariés ? Ce duel avait finit par avantager nettement l’ex mari que l’ex Madame O’Briain. Au fond, Blythe savait qu’il a toujours été celui à tenir les rênes. Et qu’il continuait à les tenir, d’ailleurs. Pourtant, elle avait réussit, à quelques occasions, à obtenir le dernier mot. Mais, c’était parce que ce dit dernier mot arrivait à donner un certain avantage à Cole, à un moment donné dans le temps. C’est comme si, il avait toujours un train d’avance sur elle. Désormais, Blythe n’était plus toute seule, elle avait Wesley sur qui elle pouvait compter. Mais encore, leur collaboration devait demeurer discrète. Cette complicité serait sans l’ombre d’un doute punit de la plus atroce façon, pour les deux, si elle venait à être soupçonnée et prouvée. Sur cette affaire, la jeune femme ne pouvait compter que sur elle-même, et sur les points faibles de son vis-à-vis. Il n’était pas invincible, même si c’était difficile à croire. Elle pouvait le convaincre, en choisissant les bons mots, les bonnes formules…les souvenirs qui fâchent, aussi. De plus, le temps ou Blythe croyait voir du bon en Cole n’était pas totalement révolu. Elle savait que quelque part, cet homme qui avait su faire preuve d’amour pour Alys Evans, existait toujours. Cet homme qui est à l'image d'une lame à double tranchant, car il l’avait connu faible et tellement docile, et elle connaissait ses pires facettes. Il est donc autant sa faiblesse que sa force. Sans lui, sans son passage dans sa vie, elle n’aurait pas pu se surpasser, elle n’aurait probablement pas cette envie de justice acérée, elle ne serait pas devenue résistante d'un système caduque, érigé par l'argent et une puissance démesurée. Reconnaissante, Blythe ? Elle croit que la vie excelle en donneuse de leçons, et cette partie de sa vie en a été une grande.

    Elle reprit son calme. Toujours prise par sa fougue faisant contraste avec l’assurance affichée et assumée de Monsieur le premier Ministre. Elle aurait voulu avoir un verre d’eau à proximité, ça l’aurait sans doute aidé à se détendre davantage. Blythe n’était pas stupide et savait que quelle que soit l’alternative proposée, Cole finirait par en trouver la faille et l’utiliser à sa guise. C’était mieux qu’un refus de collaborer. Car elle aussi, pourrait utiliser sa proposition de manière à reprendre le dessus sur la table des jeux. Il lui fallait alors réfléchir, et vite. Dans sa tête, c’est la carte de Londres qui lui vint, elle tentait de mettre en relation l’ensemble des quartiers, les checkpoints, les zones désertées et celles désormais surpeuplées. C’est vrai, Londres avait bien changé depuis de sinistre 21 décembre 2012. Les yeux baissées, elle réfléchissait en silence. Et c’est seulement lorsqu’elle eut une réponse qu’elle posa ses yeux couleurs azur sur celui de son ex-mari. « J’ai une proposition… » Déclarait-elle avec conviction. Son regard se perdit dans le bureau, comme si elle était à la recherche de quelque chose. Et tout en fouillant la pièce du regard, elle ajoutait. « J’aurais besoin de la carte de Londres, la plus récente possible…si ce n’est pas trop demandé. » Sa phrase se terminant par le retour de son regard sur Cole. La jeune femme attendit une réponse de la part du Premier Ministre. Et elle n’avait pas eu à attendre trop longtemps pour que sa demande obtienne réponse. Blythe quitta son siège afin d’étaler la carte sur le bureau, fixant celle-ci par des objets sur ses bords, toisant la carte de haut, tout autant que son vis-à-vis, son regard trouva sans difficulté l’endroit recherché. Son doigt alla le tapoter directement. « South Bank ! Tout ce qui se trouve à l’arrière de Waterloo Station n’est que ruines et débris ». Le premier quartier détruit par le gouvernement. Cole en savait quelque chose, lui qui jouait le Maire, à l’époque.

    « Un point noir, en plein centre de la Capitale. Bien moche, n’est-ce pas ? » Son regard quitta la carte pour chercher celui de son vis-à-vis. Son corps toujours légèrement penché vers le centre du bureau, elle poursuivit son idée. « Ces ruines sombres et abandonnées sont devenues le repère des dealers de drogues, prostitués et autres lieu privilégié de rencontres pour…nos chers amis les résistants armés » Sure d’elle, elle défiait presque Cole du regard à cet instant. « Sous votre nez, ils se cachent ici. Ne me demande pas comment je le sais. L’alliance avec les pacifistes a été un trésor d’infos, certaines ignorées par ceux qui vous ont précédé… » Elle se redresse enfin et laisse un court soupire se faire légèrement entendre. Se demandant si Cole avait compris ce qu’elle proposé ou si ça demeurait encore flou pour lui. « Faite renaître cette partie du quartier. Reloger les pacifistes ici, ceux que vous jugez être les moins importants, les moins dangereux…Oui, je sais, c’est à coté de Westminster. Et alors ? C’est une aubaine, vous pouvez les encercler, mieux les maîtriser, et réduire à néant l’autre vermine qui exploite ses ruines sans que vous ne vous doutiez de rien. » Son regard implorait presque. Blythe n’était pas en traîne de vendre certains pacifistes au gouvernement. C’est le contraire, les placer ici étaient plus stratégiques que n’importe quelle autre idée. Le but final était de reprendre le dessus, et elle savait ce qu’elle faisait en proposant cela. « Nous avons toujours eu un ennemi commun : la résistance armée. Celle qui tue aveuglement, celle qui fait de Londres un champ de bataille, celle qui a ôté la vie de tant d'innocents...D'Alys » Elle savait ce qu'elle risquait en prononçant ce prénom, en face de Cole. Mais c'était nécessaire pour elle de l'utiliser, exactement à ce moment. « Et il faut être partout pour l’anéantir…parce qu’ils sont partout. Crois-moi, les pacifistes ne demandent qu’une petite touche de justice. Reloger certains ici sera une main tendue, mais aussi un contrôle absolu…Penses-y ! »


Spoiler:
 

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